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Ulcérations cutanées prétibiales chroniques familiales (un nouveau trouble de la cicatrisation par défaut d adhésion de la jonction dermo-épidermique ?)

Authors
  • TRIQUET, Géraldine
  • VABRES, Pierre
Publication Date
Jan 01, 2013
Source
OpenGrey Repository
Keywords
Language
French
License
Unknown

Abstract

Introduction : Les défauts d adhésion de la jonction dermo-épidermique d origine génétique se traduisent en général cliniquement par une épidermolyse bulleuse héréditaire. Les différentes protéines déficientes dans les formes jonctionnelles d épidermolyses bulleuses (EBJ) sont la laminine 332, le collagène XVII ou l intégrine a6-b4. Leur transmission est généralement autosomique récessive. Nous rapportons des observations d ulcérations prétibiales chroniques chez un patient et sa mère tous deux porteurs d une mutation hétérozygote du gène LAMC2 qui code une sous-unité de la laminine 332. Cas clinique : Un homme de 39 ans souffrait depuis l âge de 25 ans de bulles des régions prétibiales, favorisées par le frottement, laissant place à des érosions puis des ulcérations chroniques. La recherche de causes vasculaires, infectieuses, métaboliques ou nutritionnelles d ulcères de jambes était négative. L étude de l expression des protéines d adhésion de la JDE en immunofluorescence directe sur peau frottée montrait l absence d expression de la chaine b3 de la laminine 332. Une mutation du gène LAMC2 (c.2563ins2del16) dans l exon 17, variant non décrit, a été mise en évidence chez le patient et sa mère, âgée de 67 ans. Celle-ci souffrait depuis une douzaine d années d ulcères de jambe récidivants. Elle présentait lors de l examen des érosions multiples de petite taille, suspendues, récidivantes. Toutefois, chez elle, l expression de toutes les sous-unités de la laminine 332 à la jonction dermo-épidermique était normale. Discussion : Le rôle pathogène de la mutation identifiée ici est probable. En effet, il s agit d une insertion-délétion qui entraîne un décalage du cadre de lecture et un codon stop prématuré. Aucune autre cause n a pu être identifiée chez le proband. Sa mère, également porteuse de la mutation, recevait une corticothérapie générale et un traitement par méthotrexate au long cours pouvant majorer un trouble de la cicatrisation sous-jacent. Ainsi, il pourrait s agir d une forme mineure dominante d EBJ de localisation exclusivement prétibiale, localisation qui n avait jusqu à présent été observée que dans les épidermolyses bulleuses dystrophiques. Toutefois, la normalité d expression des sous-unités chez la mère ne permettent pas d exclure d autres facteurs génétiques chez le proband, tels qu une mutation LAMC2 non détectée sur l autre allèle, ou une mutation d un autre gène d adhésion de la JDE agissant comme allèle modificateur. Cette mutation n a jamais été décrite mais n a pas encore été recherchée dans un panel de sujets sains. Des études fonctionnelles in vitro ou chez l animal pourraient étayer son caractère pathogène. Conclusion : les troubles de la cicatrisation inhabituels observés dans cette famille pourraient constituer une nouvelle forme d EBJ localisée prétibiale de transmission autosomique dominante, encore jamais décrite. / DIJON-BU Médecine Pharmacie (212312103) / Sudoc / Sudoc / France / FR

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