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Tyrans insulaires et narrateurs cannibales. Poétique de l’île romanesque dans quatre romans du XIXe siècle. Melville, Verne, Wells, Conrad

Authors
  • Hug, Mathilde
Publication Date
Nov 25, 2022
Source
Hal-Diderot
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

Dans Culture et impérialisme, Edward Said montre que l’écriture des romans occidentaux du XIXe siècle (structures, personnages, axiologie) est déterminée par les enjeux coloniaux. À sa suite, cette thèse étudie le motif insulaire – auquel nous rattachons celui du navire perçu comme un microcosme perdu au milieu de l’océan – en tant que modèle narratif, dans les œuvres d’Herman Melville, Jules Verne, H.-G. Wells et Joseph Conrad. Premièrement, le motif insulaire inspire des structures narratives dans lesquelles la clôture de l’espace est indissociable de celle du récit. Deuxièmement, il modèle la relation entre l’instance narrative et le lecteur. En effet, l’opposition entre le centre et la marge à l’œuvre dans le récit d’île permet de proposer l’hypothèse d’une voix de la marge émanant d’un narrateur décentré. Qu’elle relève des règles du genre ou de la provocation, cette voix apporte un contenu plus ou moins subversif au récit en questionnant les grandes lignes idéologiques qui structurent la fiction romanesque. Enfin, en proposant un pacte de lecture privilégié qui imagine la transmission narrative comme l’adresse d’une solitude à une autre, ou d’une île à une autre, certaines œuvres contredisent délibérément les trames narratives issues de la littérature de divertissement dont elles s’inspirent : la mise en scène du pacte de lecture, à travers la convocation d’une figure de lecteur idéal, y fonctionne dès lors comme une stratégie de légitimation.

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