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Trois poèmes touaregs de la région d'Agadez

Authors
  • Albaka, Moussa
  • Casajus, Dominique
Publication Date
Jan 01, 1988
Source
HAL-UPMC
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

Les poésies présentées ici sont dues au poète touareg Kourman, qui a vécu les dernières années de sa vie aux alentours d'Arlit, au nord du Niger. Kourman est mort au cours de l'été 1989, et la nouvelle de son décès a soulevé une grande émotion parmi les Touaregs du nord du Niger. Kourman n'était peut-être pas le plus connu des poètes touaregs du Niger, mais il fut certainement l'un des plus originaux : confessons qu'il est à nos yeux l'un des plus grands. </br> Dans la région d'Agadez, les Touaregs férus de poésie connaissent par cœur des fragments de son œuvre ; c'est auprès de certains d'entre eux que nous avons pu éclaircir les passages peu audibles de l'enregistrement. </br>Le premier poème décrit les tourments nocturnes d'un homme torturé par l'amour, lequel prend ici les traits d'un démon lui soufflant des paroles propres à le faire souffrir. Il s'agit là d'un thème très courant, mais la force avec laquelle il est traité ici fait l'originalité du texte ; on voit dans des images saisissantes les pensées douloureuses du poète prendre l'apparence d'oiseaux de proie qui le déchirent. Le caractère presque visionnaire des images mises en scène est très rare, nous semble-t-il, dans la poésie touarègue du Niger. Cette habilité à pousser la métaphore à l'extrême est sans doute le caractère le plus attachant du génie de Kourman. </br>Le second est plus paisible puisque l'amant s'y montre aimé en retour, ce qui est rare dans la poésie touarègue. On y retrouve les thèmes classiques de toute la poésie touarègue : les rivaux sont dénigrés ; l'amant jure d'aimer l'aimée jusqu'au-delà de la mort ; le méhari du poète apparaît comme son complice dans la quête de l'aimée. </br>Le troisième reprend certains des thèmes traités dans les deux précédents. Le poète y décrit d'abord ses tourments, avec parfois des images voisines de celles utilisées dans le premier. Il s'y montre amant heureux, comme dans le second. On y voit aussi le méhari complice de son maître. Le poème s'achève sur une vision admirable du Jugement dernier. C'est le thème de la pénitence et de la contrition devant un trop grand attachement aux biens de ce monde, autre grand thème de la poésie touarègue. </br>Dans la traduction française, pour laquelle l'alexandrin nous a paru une bonne transposition française des mètres utilisés, deux vers traduisent parfois un seul vers. À l'exemple d'un précédent fourni par bien plus autorisé que nous (André Miquel, in Majnûn, 1984 : 1), nous avons parfois usé de le synérèse et de la diérèse. Il nous a parfois transposer, ou nous faire explicite là où Kourman est gracieusement elliptique, mais le lecteur pourra se référer à la traduction juxtalinéaire. </br> voir le texte en ligne à l'URL: https://www.academia.edu/8561716

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