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« Sed quae potest homini esse polito delectatio, cum […] praeclara bestia uenabulo transuerberatur ? » (Cic., Fam., 7.1.3) : La diversité des réactions du public romain face aux animaux lors des spectacles

Authors
  • Forichon, Sylvain
  • Vespa, Marco
Publication Date
Jan 01, 2024
Source
Hal-Diderot
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

Les spectacles d’animaux dans l’Antiquité romaine ont déjà fait l’objet de plusieurs études universitaires, mais à l’exception de quelques thèse et monographie, les publications sur ce sujet se sont le plus souvent concentrées soit sur la question de la capture et du transport des bêtes jusque dans les amphithéâtres et les cirques, soit sur la représentation de ces divertissements dans l’art antique, sans oublier des chapitres assez généraux dans des ouvrages traitant plus largement des animaux ou du sport dans l’Antiquité. En revanche, les réactions du public lors de ces spectacles ont été moins étudiées jusqu’à présent, mise à part lors de la fameuse chasse aux éléphants organisée par Pompée en 55 av. J.-C. et lors d’une autre uenatio donnée sous le règne de Domitien. Ce ne sont pourtant pas les deux seuls exemples pour lesquels nous avons connaissance des émotions des spectateurs face aux animaux, ces dernières se révélant d’ailleurs être assez diverses au regard des témoignages antiques : étonnement, surprise, effroi, ennui ou encore pitié… En outre, ces spectacles ne se limitaient pas à de gigantesques massacres d’animaux sauvages, comme l’historiographie aurait trop souvent tendance à nous le faire croire. Il ne s’agissait parfois que d’exhibitions d’animaux qui n’étaient pas systématiquement mis à mort à l’issu du spectacle ou encore de numéros de dressage assez semblables à ceux que l’on voit de nos jours dans les cirques. L’objectif de ce chapitre est de parvenir à la fois à une vision plus large et plus nuancée de la réception par le public des spectacles d’animaux dans l’Antiquité romaine (ceux des cirques et des amphithéâtres bien évidemment, mais aussi ceux des théâtres), en essayant de voir dans quelle mesure elle différait selon l’âge, le sexe, l’origine sociale ou encore la religion (païenne, chrétienne et juive) des spectateurs. Pour ce faire, nous souhaitons explorer entre autres un certain nombre de textes, notamment ceux d’auteurs chrétiens ou juifs ou encore des traités philosophiques, qui ont été un peu délaissés jusqu’à maintenant. Selon une perspective émique qui prendra en compte les catégories linguistiques et culturelles propres à chaque auteur antique (delectatio, admiratio, misericordia etc.), nous porterons une grande attention dans cette étude aux contextes d’énonciation et aux dimensions pragmatiques des textes dans leur ensemble (débat philosophique, stratégies d’autopromotion de l’auteur, attaque du pouvoir impérial…). En outre, si les témoignages littéraires seront privilégiés, d’autres types de sources seront également mobilisés, comme l’iconographie antique ou divers objets archéologiques.

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