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Renouveau des approches participatives pour la fabrique de la Smart City

Authors
  • Schelings, Clémentine
Publication Date
Apr 01, 2021
Source
HAL
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

Face aux enjeux démographiques et environnementaux, la Smart City s’impose peu à peu comme l’une des nouvelles stratégies de développement urbain. A l’origine essentiellement technocratique, ce nouvel « idéal » urbain a très vite soulevé des problèmes d’acceptabilité sociale vis-à-vis de l’imposition Top-down de solutions standardisées. Souvent négligés au profit d’une optimisation technologique, les citoyens sont pourtant la clef du succès ou de l’échec du modèle Smart City, car ils ont le pouvoir d’accepter ou de rejeter les solutions déployées sur leur territoire. Constatant l’importance de la participation citoyenne pour la fabrique de la Smart City et les limites récurrentes des approches participatives développées depuis les années 1970, la thèse vise à équiper les professionnels de l’urbain (ingénieurs, architectes, urbanistes), les décideurs et les citoyens avec de nouveaux cadres théoriques, méthodologiques et d’aide à la décision afin d’inclure les usagers finaux au sein du processus décisionnel de conception de nos futurs environnements urbains.En pratique, la thèse s’organise en trois grandes phases. Une première phase de diagnostic s’intéresse à la perception des citoyens vis-à-vis de la Smart City et à leur volonté de prendre part à son processus de conception. Une deuxième phase d’étude de cas multiples vise à mieux comprendre quelles formes de participation sont mises en place dans des Smart Cities reconnues pour leurs dynamiques citoyennes. La troisième phase d’expérience consiste en la mise en place concrète d’une méthodologie participative en Wallonie, sur base des données et bonnes pratiques collectées auparavant. De manière plus transversale, nous avons étudié trois modalités participatives fréquemment observées à l’ère Smart : laplateforme de participation (en ligne), l’atelier de co-conception (en face à face) et le budget participatif (mixte).La thèse contribue à l’état des connaissances et à l’étude des approches participatives pour la fabrique de la Smart City à plusieurs égards. Tout d’abord, ce travail opère une clarification essentielle entre trois modes de participation qui coexistent et s’entrelacent : les processus de codécision, de co-conception de projets et de coproduction de données. Au-delà de ces trois dimensions qui reflètent la finalité des processus participatifs, la thèse affirme également la valeur intrinsèque de la participation citoyenne en termes d’appropriation des solutions, de cohésion entre les citoyens et d’acquisition de nouvelles compétences. La thèse développe ensuite les rôles des concepteurs professionnels et des participants non-concepteurs dans les processus participatifs, mettant en évidence l’émergence de nouveaux statuts intermédiaires (« professionnels de la participation » et « citoyens ambassadeurs »). La responsabilisation des citoyens est nuancée par la critique d’un « Super Citoyen » utopique, à la fois engagé, créatif et connecté. En outre, ce travail relativise l’impératif participatif et identifie un basculement amont-aval de la participation citoyenne à l’ère Smart. La thèse s’attache enfin à remettre en question l’échelle de la participation d’Arnstein (1969) et propose une adaptation du cube démocratique de Fung (2006) sous forme d’un « radar » multidimensionnel mieux adapté au contexte participatif et à la complexité de la Smart City, et à même d’accompagner les chercheurs, concepteurs, décideurs et citoyens dans la mise en oeuvre d’une démarche participative à l’ère Smart.

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