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Quelle première ligne thérapeutique pour les patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique RH+/HER2- : hormonothérapie versus chimiothérapie ? Analyse de la cohorte ESME

Authors
  • Jacquet, Emmanuelle
Publication Date
May 03, 2018
Source
Kaleidoscope Open Archive
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

Introduction : Selon les recommandations internationales, l’hormonothérapie est le traitement de choix en première ligne thérapeutique pour les patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique RH+/HER2- ; excepté en cas de « crise viscérale » auquel cas la chimiothérapie est préférée. Peu d'études comparent directement ces deux stratégies. Nous avons donc utilisé le programme ESME, base de données nationale d'observation Unicancer (NCT03275311), pour répondre à cette question. Méthodes : Toutes les patientes qui ont initié un traitement pour un cancer du sein métastatique RH+/HER2- nouvellement diagnostiqué entre janvier 2008 et décembre 2014, dans l'un des 18 centres français de lutte contre le cancer participant à l'ESME, ont été incluses. Les patientes devaient être sensibles aux inhibiteurs de l'aromatase (AI) (aucun antécédent de traitement par AI ou rechute survenant plus d'un an après le dernier traitement adjuvant par AI). Les objectifs de l'étude étaient l'évaluation de la survie sans progression et de la survie globale en fonction du type de traitement de première ligne. Un score de propension permettait d’ajuster ces résultats en fonction des principaux facteurs pronostiques. Résultats : 6265 patientes ont été ainsi sélectionnées: 2733 (43,6%) ont reçu un traitement de première ligne métastatique par hormonothérapie seule tandis que 3532 (56,4%) ont reçu une chimiothérapie. Parmi ces dernières, 2073 (58,7%) ont reçu une hormonothérapie en maintenance après la chimiothérapie. La médiane de survie globale était de 60,78 mois (IC à 95%, 57,16-64,09) pour les patientes recevant une hormonothérapie seule et de 49,64 mois pour les patientes recevant une chimiothérapie ± une hormonothérapie de maintenance (IC à 95%, 47,31-51,64) (p <0,0001). Cependant, cette différence n'était pas significative après ajustement selon le score de propension (HR: 0,943, IC 95% 0,863-1,030, p=0,19). Conclusion : Dans cette grande cohorte rétrospective de patientes atteintes d'un cancer du sein luminal, métastatique, sensible aux inhibiteurs d’aromatase, la survie globale était similaire, que le traitement de première intention soit une chimiothérapie ou une hormonothérapie. En accord avec les recommandations internationales, l'hormonothérapie devrait être le traitement systémique de première intention pour les patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique RH+/HER2- en l'absence de crise viscérale.

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