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Pronostic et prise en charge des grossesses chez les patientes porteuses d’une néoplasie myeloproliférative philadelphia-négative

Authors
  • Lapoirie, Joëlle
Publication Date
Oct 16, 2017
Source
Kaleidoscope Open Archive
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

Contexte : les néoplasies myéloprolifératives Philadelphia-négatives (NMPs) augmentent de façon importante le risque de complications fœto-maternelles au cours de la grossesse. Actuellement, nous manquons de recommandations solides concernant la prise en charge de ces patientes. Objectifs : l’objectif de notre étude était d’évaluer le pronostic et la prise en charge des grossesses chez les patientes suivies pour une NMP au sein d’une cohorte française. Méthodes : nous avons analysé de manière rétrospective le pronostic et la prise en charge de 27 grossesses chez des femmes porteuses d’une NMP associée à une mutation spécifique. Dix-neuf grossesses chez 9 femmes porteuses de thrombocytémie essentielle et 8 grossesses chez 5 femmes porteuses de polyglobulie de Vaquez ont été identifiées. Résultats : notre étude a retrouvé 70% de naissances vivantes, mais seulement 30% de grossesses non compliquées. Les complications principales étaient les fausses couches spontanées précoces (22%), les retards de croissance intra-utérins (15%), la prématurité (15%). Les complications maternelles étaient réparties entre thromboses (15%) et hémorragies (11%). Des taux importants de pré-éclampsie et de HELLP (hemolysis, elevated liver enzymes and low platelet count) syndrome étaient rapportés. Un Doppler des artères utérines était réalisé au cours de 70% des grossesses évolutives. Des résultats anormaux semblaient corrélés à la dysfonction utéro-placentaire. Des taux élevés de plaquettes et d’hématocrite restant stables ou augmentant pendant la grossesse étaient associés aux décès fœtaux et aux insuffisances placentaires. Selon les consensus d’experts, la plupart des grossesses (67%) pouvaient être stratifiées à haut risque de complication. Les grossesses les plus à risque qui ne recevaient pas systématiquement d’héparine et/ou d’interféron α étaient associées à un pronostic obstétrical plus sombre. Conclusion : le pronostic de ces grossesses reste très mauvais et pourrait être amélioré par une meilleure collaboration entre spécialistes ainsi que par l’utilisation plus généralisée du Doppler des artères utérines et d’une intensification thérapeutique comprenant héparine et interféron α.

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