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Polémique politique, forme dialogique et traités de philosophie politique à la fin du XVI siècle. Le De iure regni apud Scotos de George Buchanan (1579) et le De regno et regali potestate de William Barclay (1600)

Authors
  • Ferradou, Carine
Publication Date
Mar 31, 2023
Source
HAL
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

Tous deux écossais, longtemps expatriés, et ayant occupé des fonctions officielles auprès de puissants, l’humaniste George Buchanan (1506-1582) et le juriste William Barclay (1546-1608) ne se sont jamais rencontrés mais le second publie à Paris en 1600 le De Regno et regali potestate, un traité défendant la monarchie absolue en réaction contre les opinions radicales de ceux qu’il est le premier à nommer les Monarchomaques, au nombre desquels il place son défunt compatriote qui avait publié en 1579 à Édimbourg le Dialogus de Iure Regni apud Scotos. Barclay propose alors une sorte de réplique littéraire et à distance (dans le temps et l’espace) contre les thèses de Buchanan, particulièrement dans les deux premiers livres d’un ouvrage qui en comprend six. Or, pour cette réfutation circonstanciée, contrairement à ses attaques exprimées de manière discursive dans le reste du De Regno contre les autres défenseurs d’une monarchie modérée par les droits des sujets, Barclay choisit lui aussi la forme dialogique. A la lecture des Livres I et II de Barclay, s’instaure, par le biais de la création littéraire, une forme particulière de relation pour ainsi dire spéculaire, en miroir, entre le De Regno et le De Iure. Buchanan, Maitland, Barclay, Boutellerier : deux dialogues publiés à trente ans d’intervalle, quatre personnages. Mais en réalité, qui débat avec qui ? Quels sont les véritables « inter-locuteurs » du De Regno ? Une étude attentive des enjeux discursifs et de la signification de l’usage du dialogue dans le cadre de la réflexion politique montre que, en créant une sorte de prosopopée de Buchanan dont Boutellier n’est que le porte-parole, Barclay cherche en quelque sorte à « ressusciter » de manière rhétorique son compatriote détesté pour mieux le contredire

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