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Nutrition péri-opératoire en chirurgie digestive carcinologique‎ : étude ciblée de pratiques professionnelles au centre hospitalier universitaire de Rouen

Authors
  • Karmouta, Yaman
Publication Date
Dec 06, 2017
Source
HAL
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

La dénutrition est fréquente chez le patient hospitalisé et tend à s'aggraver au cours de l'hospitalisation. En particulier, l'acte chirurgical constitue un facteur de stress important et entraine des modifications physiologiques qui induisent des troubles nutritionnels délétères pour le patient. Ce phénomène est amplifié chez le patient atteint de cancer du fait de conséquences nutritionnelles de la maladie cancéreuse. Les conséquences post opératoires d'un mauvais état nutritionnel chez un patient opéré pour cancer digestif sont nombreuses : retard de cicatrisation, immunosuppression et augmentation de la perméabilité intestinale conduisant aux infections nosocomiales, voire au sepsis. <br>Des sociétés savantes, notamment la SPAR-SFNEP, ont publié des recommandations de pratiques professionnelles afin d'améliorer la prise en charge nutritionnelle des patients admis en chirurgie digestive carcinologique. Ainsi, afin de diminuer les complications, il est recommandé notamment d'évaluer le risque des patients en établissant leur Grade Nutritionnel, de mieux couvrir les besoins par des oraux et/ou entéraux, de favoriser la réalimentation précoce et recourir à l'immunonutrition (IN) pour réduire ces complications post opératoires. Différentes études montrent toutefois que la mise en oeuvre de ces recommandations restent hétérogènes et globalement insuffisantes.<br> Dans ce contexte, le but général de cette thèse a été d'évaluer la qualité de la prise en charge nutritionnelle péri-opératoire des patients atteints de cancer digestif opérés au CHU de Rouen.<br> Lors d'un audit interne initial basé sur les recommandations de la SPAR-SFNEP, plusieurs pistes d'amélioration ont été identifiées concernant la stratification préopératoire des patients, la réalimentation précoce, la prescription d'IN et sa traçabilité, notamment. Des mesures correctives ont ensuite été mises en place : sensibilisation des équipes, travail collaboratif avec le service de nutrition et diététique, réorganisation des modes d'intervention, élaboration de protocole. Quinze mois plus tard, les pratiques professionnelles ont étés évaluées à nouveau. Elle a mis évidence une amélioration partielle sur différents paramètres, en particulier l'évaluation préopératoire et la traçabilité de l'IN. Des progrès complémentaires restent toutefois nécessaires, ainsi que des adaptations de pratiques nutritionnelles en prenant en compte les nouvelles modalités péri-opératoires (protocole ERAS) et recommandations publiées dans l'intervalle (ESPEN 2017).<br> Ce travail rappelle le besoin d'intégrer la prise en charge nutritionnelle comme une thérapeutique à part entière dans une approche multimodale globale du patient atteint de cancer digestif, avec plusieurs étapes : une démarche précoce de préhabilitation amenant le patient au geste opératoire dans les meilleures conditions, une intensification et optimisation dans la période opératoire, avec une réévaluation du concept d'IN, et enfin une réhabilitation prolongée ciblant l'optimisation de la récupération fonctionnelle dans le contexte d'une population chirurgicale de plus en plus âgée.

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