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Noms de marque en traduction audiovisuelle : un cocktail pas très homogène

Authors
  • Brisset, Frédérique
Publication Date
Sep 30, 2013
Source
HAL-UPMC
Keywords
License
Unknown
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Abstract

L’onomastique en général et les appellations de marque en particulier opposent des résistances à la traduction. Le phénomène est dû à plusieurs paramètres : leur ambiguïté référentielle en tant que désignateurs rigides, à un premier niveau d’interprétation , mais aussi leur portée connotative, et même métaphorique. Cette double valeur renvoie à la distinction opérée par Gary-Prieur entre « le sens d’un Np dans la langue et son interprétation dans un discours ». L’interprétation est partie prenante du processus de traduction et conduit donc à opérer des choix quant aux propriétés essentielles parmi celles du nom à traduire. Dans la filmographie allenienne, la difficulté est renforcée car Allen est adepte de l’allusion et du sous-entendu. Cette tendance concerne ses répliques humoristiques, mais aussi l’ensemble de ses dialogues et de ses usages même non vocaux du verbe, dont le répertoire onomastique. Chacune des options de traduction des noms de marque rencontrées ici, report, hyperonymisation par nom commun ou équivalence via un nom propre français, permet de traduire une partie des propriétés du nom propre en discours ; mais aucune ne permet de transférer toutes les valeurs portées par ces appellations. Les choix d’homogénéisation de ces réseaux lexicaux en version française signent l’abandon d'un certain nombre de propriétés des lexèmes originaux, supposés non-interprétables par le spectateur francophone ; ils sont révélateurs d’une vision stéréotypée du public cible par le doubleur.

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