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Lhoste E. (2018). 2008-2018 : évolution du travail en expérimentation animale. / Lhoste E. (2018). 2008-2018 : évolution du travail en expérimentation animale.: Rapport d’une étude exploratoire effectuée à la demande du conseil de gestion du département « Santé animale » de l’Inra.

Authors
  • Lhoste, Evelyne
Publication Date
Jan 01, 2018
Source
HAL-INRIA
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

Nous rapportons ici les résultats d’une étude exploratoire effectuée à la demande du conseil de gestion du département « Santé animale » de l’Inra en 2018. L’objectif était d’évaluer l’évolution des conditions de travail des animalier.ère.s depuis 10 ans. Le choix de cet intervalle de temps était motivé par la sortie d’un documentaire vidéographique sur le métier d’animalier, documentaire réalisé à la demande et avec les animaliers du centre Inra de Jouy-en-Josas lors d’une recherche-action conduite dans le cadre d’un séminaire d’éthique appliquée. Le documentaire décrivait le métier, pointait les conflits éthiques liés à la pratique de l’expérimentation animale et les besoins exprimés par les animaliers pour les aider à en assumer la responsabilité morale. Le processus avait fait l’objet d’un bilan diffusé en interne (Lhoste, 2006) et d’une publication scientifique (Lhoste et de Montera, 2011). Depuis, la directive 2010/63/UE sur l’utilisation des animaux (vertébrés) à des fins scientifiques a été traduite en droit français et mise en application. Fondé sur une responsabilité collective des pratiques de recherche utilisant des animaux, ce nouveau cadre réglementaire répond aux besoins exprimés par les animaliers au cours de la recherche-action. Les résultats présentés ici révèlent le processus de transformation induit dans les pratiques dans les stades précoces de la mise en application de la directive. Nous apportons les premiers éléments de réponse aux questions suivantes. Comment les changements organisationnels induits par la mise en application de la directive sont-ils mis en pratique ? Comment s’articulent-ils avec l’organisation de l’INRA ? Quelles en sont les conséquences pour les chercheurs et les animaliers ? Dans une première section, nous décrivons successivement (1) le dispositif réglementaire et (2) un processus d’autorisation de projet avant de (3) produire des éléments d’analyse de l’appropriation de ce dispositif par les acteurs de l’expérimentation animale. Nous avons observé des disparités entre départements, EEA et disciplines scientifiques, lesquelles peuvent être attribuées à la socio-histoire des structures organisationnelles et des cultures professionnelles tout autant qu’aux distances géographiques et sociales entre UR et EEA. Le dispositif réglementaire a réduit l’incertitude dans le travail des EEA au prix d’une augmentation de celle-ci pour le chercheur. Avec les éléments dont nous disposons à l’heure actuelle, nous analysons comment les chercheurs résistent à ces nouvelles règles et (re)conquièrent des marges de manœuvre. Dans une deuxième section, nous analysons l’évolution des conditions de travail dans les EEA. Celles-ci dépendent de l’autonomie dans le travail et de la répartition des tâches pénibles entre individus et pour un individu dans une journée : euthanasie, milieu confiné, astreintes, nettoyage et curage des animaux. Après avoir décrit les transformations du métier d’animalier depuis 10 ans, nous explicitons le rôle du management dans l’amélioration des conditions de travail. Le directeur de l’EEA a la responsabilité de veiller à la coordination entre les animalier.ère.s. La directive lui fournit les instruments d’une plus grande autonomie vis-à-vis des chercheur.se.s. et ce faisant, d’une meilleure maîtrise des arbitrages entre effectifs des troupeaux (qui conditionnent le nombre d’animaux expérimentaux) et ressources en personnel. Dans une troisième section, nous tentons de comprendre pourquoi la problématique de la reconnaissance demeure centrale dans les préoccupations des animaliers malgré les améliorations induites par la mise en application de la directive. Dans un premier temps, nous présentons les formes de valorisation du travail des EEA (concours, participation aux processus décisionnels, publications, communication institutionnelle). Dans un deuxième temps, nous analyserons la place accordée aux savoirs d’expérience et donc aux compétences des animalier.ère.s dans la conception des projets que constituent les protocoles expérimentaux. Dans un troisième temps, nous introduisons quelques éléments de réflexion sur la diversité des disciplines qui utilisent des animaux en recherche à l’Inra, leur éloignement de l’élevage et les tensions qui en résultent pour la transformation de l’organisation de l’expérimentation animale. Nous concluons dans une perspective programmatique de l’accompagnement de cette transformation.

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