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Les corps troublants du cinéma français, mise en scène de la transgression et de la violence ordinaire : 1986-1999

Authors
  • Deson Leiner, Laurie
Publication Date
Nov 20, 2013
Source
HAL-UPMC
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

Un film qui dérange et qui déclenche des réactions violentes dit forcément quelque chose de la société qui le rejette. Pour prendre la mesure du scandale, le Festival de Cannes est un bon repère car c’est la caisse de résonance du cinéma. Les quatre scandales qui nous servent de point de départ ont eu lieu entre 1986 et 1999. Ces quatre films Tenue de soirée (Blier, 1986). Sous le Soleil de Satan (Pialat, 1987) De Bruit et de Fureur (Brisseau, 1988) et L’Humanité (Dumont, 1999) ont tous obtenus des prix à Cannes. Le trouble que ces films provoquent, relève du corps : un corps perçu comme marginal (l’enfant des cités), grossier puis risible (une star masculine grimée en femme puis en mystique), ou indigne (l’acteur amateur). Au cinéma, le trouble se base sur la gêne, le désir, le malaise. Le spectateur, face à une image qui ne répond pas à ses attentes est décontenancé et perd ses repères. Le trouble cache également toute une série de problèmes. Un corps hors norme qui ne correspond pas à ce que l’on a l’habitude de voir, un corps difficile à classer. Au cinéma, l’authenticité peut être troublante tant elle ressemble à la vie. Comment un corps authentique peut-il être troublant alors que le cinéma est affaire d’artifice ? C’est pourtant de cela dont il est question quand la vérité surgit dans le cadre, elle peut déranger voire devenir insupportable.Par la mise en scène, le cinéma peut-il rendre visible les corps délaissés par la société et ses images ? Comment aborde-t-il les questions qui dérangent en produisant des images troublantes ? Dans notre approche esthétique et socioculturelle nous allons analyser comment Brisseau, Dumont, Blier et Pialat rendent les corps troublants. Cette thèse s’articulera autour de trois idées motrices : le corps perçu comme obscène (une œuvre qui provoque des émotions contradictoires), le corps de l’exclu (les personnages démunis tentent d’échapper à l’entropie qui les menace) et le corps de l’acteur (le trouble physique qui traverse l’acteur dirigé par le réalisateur).

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