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Les abréviations dans les manuscrits français du XIIIe siècle : analyses statistiques

Authors
  • Stutzmann, Dominique
  • Mariotti, Viola
  • Ceresato, Floriana
Publication Date
Feb 19, 2020
Source
HAL
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

Si depuis trente ans les abréviations vernaculaires ont fait l’objet d’études détaillées, le domaine français reste parmi les moins bien explorés. Malgré quelques recherches pionnières, plusieurs questions demeurent ouvertes : identification et fréquence relative des abréviations ; caractère conservateur ou innovant de celles-ci par rapport au système abréviatif latin et relations entre abréviations françaises « continentales » et « anglo-normandes » (premier parler gallo-roman à passer à l’écrit). Plus généralement, l’évolution du système abréviatif dans le temps et l’espace du XIIIe siècle. En outre, bien que l’hypothèse contraire ait été avancée, il faut étudier si et comment les abréviations s’adaptent au genre textuel et au public de l’ouvrage copié.L’ambition de cette communication est de répondre à ces questions à partir du corpus constitué dans le cadre du projet ECMEN Ecriture médiévale et outils numériques (IRHT, 2015-2019). Celui-ci vise à constituer progressivement le catalogue des manuscrits datés du fonds français de la Bibliothèque nationale de France et d’un corpus complémentaire en l’enrichissant d’éditions partielles en XML-TEI (transcriptions indiquant les abréviations et leur résolution), en commençant par les cotes « fr. 1 » à « fr. 1000 ». Le corpus se compose à l’heure actuelle de 377 notices et 76 transcriptions couvrant un ou plusieurs feuillets, pour des textes presque tous inédits, en langue d’oïl et d’oc, allant du XIIIe au XVIe siècle. Le XIIIe s. étant faiblement représenté, des manuscrits au-delà de la cote « 1000 » ont été sélectionnées. Pour l’instant 34 manuscrits datés et datables du XIIIe siècle ont été transcrits ; ce corpus sera plus que doublé en 2019.L’édition électronique permet d’interroger en corrélation les manuscrits du corpus français et de corpus latins équivalents. Outre le nombre d’abréviations, on peut aussi mesurer l’emploi des différents types d’abréviations (tilde de nasale, lettre suscrite, signe conventionnel, contraction), le nombre de caractères escamotés, leur emplacement dans le mot ou sur la ligne (début, milieu, fin) et dans le texte (en particulier, noms de personnes et de lieux). Des observations préliminaires montrent des phénomènes paradoxaux (plus grand nombre d’abréviations en fin de ligne, mais sans augmentation du nombre moyen de lettres escamotées). C’est avec des observations plus précises de cette nature que nous testerons les différents facteurs susceptibles d’avoir influencé les écritures françaises : chronologie, géographie, contexte de production, matérialité et codicologie, typologie textuelle (et public supposé), influence du modèle abréviatif latin.

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