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« Le sentiment monarchique dans À la recherche du temps perdu »

Authors
  • Chaudier, Stéphane
Publication Date
Jan 01, 2018
Source
HAL-UPMC
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

La Recherche n’est pas un grand roman monarchiste, un roman qui plaiderait, avec ses moyens propres de roman, pour la restauration de la monarchie ou qui viserait à renforcer chez le lecteur l’amour ou le respect de l’idée royale, et des personnes royales qui l’incarnent. Le moment historique de la Recherche est bien connu : la toile de fond du roman intègre les conséquences de la décennie manquée, celle que se raconte si bien Daniel Halévy dans La Fin des notables et la République des ducs : le comte de Chambord refuse d’adopter le drapeau tricolore et fait ainsi capoter l’espoir d’un retour des Bourbons ; le duc de Broglie et le maréchal de Mac Mahon, qui sont au pouvoir, ne parviennent pas à donner une traduction politique à leur désir de restauration, après l’éviction de Thiers ; ce sont donc les républicains, opportunistes puis radicaux, qui prendront en main les destinées de la France. Comment donc, dans ces conditions, cerner le sentiment monarchique : qui l’éprouve ? Le narrateur ? Les personnages ? Ce sentiment est-il un ? Pour retrouver la cohérence de cette riche et fluente matière, je propose l’hypothèse suivante : dans l’univers de Proust, le sentiment monarchique montre comment le désir de sacralité imprègne la perception de la beauté sociale pour se diffuser ensuite hors du monde social, dans l’appréhension d’autre formes et d’autres manifestations de la beauté.

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