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Le Roman de la pourriture. De Nana à Monsieur de Phocas

Authors
  • Lansmans, Alexandre
Publication Date
Jun 01, 2019
Source
ORBi
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

Dans la littérature de la fin du dix-neuvième siècle en France, on se propose d’étudier la figure du corrupteur et le thème de la pourriture considérés dans leurs rapports avec l’idée de décadence. Entre 1880 et 1900, il semble que l’exhibition du corps pourrissant soit apparue comme un signe de littérarité : un moyen de faire de la littérature à l’imitation du modèle naturaliste dominant, ou plutôt de sa représentation dégradée par une certaine critique : celle d'une « littérature putride ». À la même époque, l'influence corruptrice exercée par un personnage sur un autre devient un schéma narratif productif chez plusieurs romanciers de premier plan et informe au passage un certain éthos de ceux-ci, de telle manière que consentir à penser le « mauvais livre » (syntagme synonyme de livre corrupteur) en dehors de sa seule valeur esthétique revient à penser contre l’autonomie de la littérature (récemment acquise par les combats de l’art pour l’art et les procès de Baudelaire et Flaubert en 1857) et peut être pour les écrivains un moyen efficace d’exorciser le risque (incarné par la posture symboliste) de coupure entre littérature et monde social qui a pu apparaître comme le coût exorbitant de cette autonomisation À travers l’examen du corpus fin de siècle, on montre comment la catégorie de « roman de la pourriture » (l’expression est de Huysmans) peut s’avérer utile pour décrire un moment de transition de l’histoire littéraire : la sortie du roman de la décadence, qui s’opère ici par un glissement subtil à l’intérieur d’un même motif. Le charnier se fait charnière.

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