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Le problème de l'ontologie des actes sociaux : Searle héritier de Reinach ?

Authors
  • Ambroise, Bruno
Publication Date
Jan 01, 2005
Identifiers
DOI: 10.3917/leph.051.0055
OAI: oai:HAL:halshs-00338159v1
Source
HAL
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

C'est avec une acuité toute particulière que Reinach s'est intéressé à des phénomènes qui deviendront les cas-types de l'analyse des actes de parole, et qu'il développa à leur propos un certain nombre de thèses qui anticipent de façon étonnante celles de l'éminent théoricien des actes de parole, J. Searle. Searle élabore en effet une théorie des actes de parole en s'attachant particulièrement au cas de la promesse et il en est récemment venu à élaborer une théorie de la réalité sociale qui complète la théorie initiale en donnant une ontologie aux actes de parole. Ainsi, 80 ans après Reinach, Searle a éclairci, avec son livre La construction de la réalité sociale, un certain nombres de points qui demeuraient ambigus dans son premier livre Les actes de langage, pour finir par construire une théorie plus générale des réalités sociales qui établit l'ontologie des faits sociaux et des actes de parole, désormais clairement compris comme actes sociaux primitifs. Le parallèle entre le développement respectif de la pensée de Reinach et celle de Searle est remarquable, et c'est sur ce point particulier de l'ontologie des réalités sociales, et parmi celles-ci des actes de langage telle que la promesse, que nous voulons l'interroger.<br /> Chez Reinach, l'analyse de la promesse, en même temps qu'elle en découvre le caractère d'acte de langage, entend fixer son statut ontologique. Il ne s'agit pas seulement d'établir la logique de la promesse, mais aussi de comprendre les raisons et les causes de cette logique particulière — ce qui conduit inévitablement à interroger son mode d'être, sa qualité ontologique. Si Searle s'est tout d'abord attaché à systématiser le travail d'Austin en offrant une logique des actes de langage, il convient de remarquer que l'interrogation ontologique était inévitable puisque, déjà dans Les actes de langage, il faisait appel aux concepts de « règles constitutives », de « faits institutionnels » et de « conséquences normatives » sans que soit jamais élucidé le statut de la réalité dont ils étaient censés rendre compte. Pendant longtemps, nous avions chez Searle une théorie qui expliquait comment faire des actes de langage, ou comment ils étaient constitués, sans qu'il nous soit expliqué quelle était leur réalité, laquelle paraissait dès lors très problématique. Searle s'est résolu à corriger ce manque dans ses derniers opus et nous permet ainsi d'établir une véritable comparaison avec Reinach, dont il partage le « réalisme » social (même si ce réalisme n'est pas forcément le même). En examinant le « réalisme » propre de chacun, pour en scruter le contenu, la construction, la généalogie et la pertinence, nous voyons cependant que, malgré leur apparente proximité, leurs analyses respectives divergent de manière essentielle.

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