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L’Architecture scolaire participative en milieu rural comme expression d'un nouveau modèle de développement local : Étude comparative de deux projets d’école « expérimentés » dans des communes bretonnes de moins de 500 habitants

Authors
  • Lafitte, Laurence
Publication Date
Nov 30, 2020
Source
HAL-INRIA
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

En tant qu’incarnation physique des principes et symboles véhiculés par l’institution scolaire et en tant que projection spatiale de son organisation, l’architecture scolaire définit en partie les comportements et les représentations individuelles et collectives. Elle s’inscrit sur le territoire à long terme et conditionne le développement des générations à venir. Dans une conjoncture de globalisation de l’éducation des enfants, de territorialisation de la question scolaire et de décentralisation de la compétence architecturale, l’architecture scolaire est aujourd’hui contrainte d’intégrer non plus uniquement les dimensions pédagogiques mais aussi les dimensions sociales, culturelles et politiques du contexte local qui s’articulent entre elles, interfèrent pour composer un projet global qui se traduit notamment par l’élargissement de l’équipe pédagogique et le développement des partenariats, la mutualisation des espaces à des activités périscolaires, l’ouverture sur la ville, le village et le territoire. Ce qui complexifie d’autant plus la commande architecturale des établissements scolaires contemporains, et rend caduque l’idée de concevoir un modèle d’école idéaltype du XXIème siècle et de penser la configuration des espaces scolaires et leurs aménagements sans y associer les usagers. Ainsi la promotion d’une école moderne, ouverte sur son environnement social et connectée au monde, laisse conjecturer la nécessité de repenser l’architecture scolaire mais aussi de revoir son modus operandi. Dans un environnement législatif propice à l’implication des citoyens dans les affaires publiques et notamment favorable à la participation citoyenne dans les projets d’infrastructures publiques et d’aménagement urbain en général, quelques communes font le choix de l’architecture participative pour la construction de leur école. Loin d’être seulement une simple échelle d’intervention, le local est un poste d’observation privilégié pour appréhender le monde global en mutation. La participation comme mode d’action local, étroitement liée au concept de démocratie participative, participe-t-elle au renforcement du pouvoir des acteurs à agir sur leur destin (empowerment) ou au contraire traduit-elle une instrumentalisation politique de la démarche à des fins consensuelles ou/et au service du processus d’individuation néolibérale ? En d’autres termes quelle est la signification éducative, sociologique et politique d’une telle démarche dans la sphère scolaire ? Ce travail de thèse se propose donc d’analyser le processus participatif donnant lieu à la construction d’une école en milieu rural afin de mettre en lumière l’importance des liens entre l’école et son territoire et de voir comment ils agissent et évoluent. Quelle peut être l’interprétation d’une relation forte au territoire de proximité dans un monde régi par la globalisation des échanges, des réseaux et l’uniformisation des modes culturels et éducatifs ? Quels peuvent être ses avantages et les réponses qu’elle peut apporter à l’offre éducative en termes d’environnement, de développement local, de citoyenneté et de vivre ensemble ? À ce titre l’architecture scolaire participative constitue-t-elle un outil de changement social du monde rural ? Autrement dit, l’élaboration collaborative d’une école en milieu rural est-elle la traduction de l’émergence d’un nouveau modèle de développement local, basé sur le mode relationnel participatif ?

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