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« Justesse de l’altérité, justice interspécifique : visions de l’animal préhistorique en poésie moderne »

Authors
  • Souchard, Flora
Publication Date
Jan 01, 2021
Source
HAL-SHS
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

La littérature a pris acte de l'injustice des rapports entre humains et animaux bien avant que l'ère de l'anthropocène n'en fasse un sujet de réflexion politique, éthique et juridique. Du côté de l'humain, la peur d'une dilution des frontières interspécifiques et le rejet d'une empathie déstabilisante ; du côté animal, l’image de la victime universelle et de la vulnérabilité sociale, sont dépeints dans maints corpus de poésie avec une justesse visionnaire. À rebours de cette relation moderne et faussée aux vivants jaillissent diverses sources de réconciliation, dont certaines sont issues de réflexions sur la Préhistoire. Les temps reculés, fantasmés comme une ère de la fusion bienheureuse, ou décrits à la lumière de l'émerveillement pour l'art pariétal, éclairent des liens originels entre une humanité émergente et la formidable faune qui accueille les premiers traits de sa culture. On observe dans ces représentations le rêve d'une justice première, une communauté des égaux fondée sur la fascination pour l'altérité, derrière laquelle le peintre de Lascaux s'efface pour naître à l'art dans la célébration du non-humain. Cet article étudie, au plus près des procédés formels de textes poétiques du XXe siècle, la justesse avec laquelle les poètes peuvent appréhender l'intervalle de l'altérité – historique, interspécifique, inter-médiale – qui fondent leur vision d'un temps où les relations entre vivants semblaient plus justes

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