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Journées régionales «Société, santé, éducation» - Approche interdisciplinaire des inégalités sociales de santé à La Réunion

Authors
Publication Date
Source
HAL-INRIA
Keywords
  • Inégalités Sociales
  • éducation à La Santé
  • La Réunion
  • Littératie En Santé
  • [Shs.Edu] Humanities And Social Sciences/Education
  • [Shs] Humanities And Social Sciences
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Abstract

Les textes qui composent ce 36ème numéro de notre revue Expressions constituent les actes d’un séminaire qui s’est tenu le 21 juin 2011 à l’Université-IUFM de La Réunion. A travers une approche interdisciplinaire des inégalités sociales, l’objectif principal de cette première rencontre était de contribuer à la diffusion des connaissances scientifiques et à la formation des acteurs intervenant dans le champ de l’éducation à la santé et à la citoyenneté en renforçant les partenariats (associatifs, institutionnels) et la mise en réseau d’acteurs professionnels (Ecole / hors Ecole). C’est ainsi que se sont combinées les expertises scientifiques du laboratoire LCF (Langues, textes et communications dans les espaces Créolophones et Francophones) et du Réseau UNIRéS (Universités/IUFM en Réseau pour l’Education à la Santé) afin de « lancer » ces premières journées régionales à La Réunion. En réunissant des acteurs d’horizons différents, les échanges ont contribué aux prémisses du développement d’une culture partagée en éducation à la santé, au service du travail scientifique et de la formation des acteurs professionnels.Tout au long du séminaire, les interventions ont questionné la réduction des inégalités sociales et des inégalités de santé autour de problématiques éducatives, sociales, territoriales, de santé publique et éthiques, dans une perspective résolument interdisciplinaire. En renforçant la connaissance des travaux scientifiques disponibles et l’identification des politiques publiques éducatives et urbaines et leurs dispositifs, les contributions ont permis d’élargir les regards sur la société réunionnaise, en perspective d’un meilleur accompagnement des acteurs à l’élaboration de projets d’éducation à la santé et à la citoyenneté. Autour du laboratoire LCF et du réseau UNIRéS, le partenariat qui s’est construit a réuni les experts, professionnels et acteurs de plusieurs institutions : l’ACSé (Agence nationale pour la Cohésion Sociale et l’Egalité des chances), l’ARS (Agence de Santé Océan Indien), la MGEN (Mutuelle Générale de4Marvyvette Balcou-Debusschel’Education Nationale), le CHR (Centre Hospitalier Régional devenu Centre Hospitalier Universitaire depuis le 29 février 2012) et le Rectorat de La Réunion. Cette construction plurielle autour de la thématique retenue s’est réalisée avec l’ambition que le partenariat se pérennise et se développe, afin de répondre au mieux aux exigences de l’action et de la connaissance. Le séminaire n’a donc pas constitué un acte isolé dans le temps, ni dans l’espace puisque le cadre partenarial national existait déjà entre le réseau UNIRéS, la CDIUFM (Conférence des Directeurs des Instituts de Formation des Maîtres), la MGEN et l’ A CSé. De même, son inscription contextuelle n’a pas été le fruit du hasard. Faut-il rappeler que la question des inégalités sociales est centrale dans toutes les sociétés, mais qu’à la Réunion, elle est encore plus incontournable qu’ailleurs ?Chacun à leur manière, les auteurs de ce numéro 36 de la revue Expressions apportent un éclairage sur les liens à tisser entre les inégalités sociales, l’éducation et la santé dans le contexte réunionnais, mais aussi au-delà. Michel Watin ouvre la réflexion en montrant comment les inégalités face à la santé doivent être appréhendées à la lumière des mutations sociales rapides qui ont traversé l’histoire récente de l’île de La Réunion. Christine Catteau complète le propos en offrant aux lecteurs le fruit d’une recherche bibliographique qui permet d’établir un état des lieux des travaux et des données disponibles sur les inégalités sociales de santé au niveau local. Ali Elarouti esquisse les contours de l’expérimentation du dispositif « Passeport santé » dans l’Académie de La Réunion, ce qui permet de souligner la façon dont le dispositif a permis d’inscrire l’éducation à la santé dans une continuité pédagogique en lien avec les familles. Xavier Debussche nous fait passer du monde des enfants à celui des adultes malades chroniques et des soignants, en rappelant que ces derniers doivent prendre en compte les causes environnementales et sociétales des inégalités liées aux maladies chroniques ainsi que les implications communautaires et institutionnelles. La réflexion se poursuit avec Mathieu Saling qui pose le regard sur la contribution des ASV (Ateliers Santé Ville) à la promotion de la santé, en analysant l’implication de plusieurs villes à La Réunion. Maryvette Balcou-Debussche interroge ensuite les inégalités d’accès aux savoirs en montrant comment le travail àEditorial5réaliser dans le champ de la littéracie en santé participe à l’émancipation des personnes et à une gestion différente de la maladie chronique. Enfin, Dominique Berger élargit l’horizon en présentant les principaux résultats d’une recherche conduite dans 15 pays dans le cadre du projet européen « Biohead citizen », sur les représentations de l’éducation à la santé et à la sexualité. Les résultats de cette importante étude montrent que les représentations des enseignants varient selon les niveaux de formations et les statuts, mais aussi selon les conceptions individuelles, les religions et les niveaux de croyance. Joël Clanet clôture alors la réflexion en questionnant la terminologie utilisée pour penser l’éducation à la santé et l’éducation thérapeutique.Au final, la diversité des analyses proposées à travers ces huit contributions permet de questionner la place de la formation et de la professionnalisation des acteurs, en envisageant les partenariats à développer pour promouvoir, questionner et analyser les pratiques éducatives et sociales dans les différentes sphères. Le numéro 36 de la revue se termine par deux notes de lecture, précédées de deux articles proposés en Varia. A travers son regard de philosophe, Bernard Jolibert revient sur « l’éducation », notion qui selon l’auteur, apparaît comme un véritable « fourre-tout ». Anne-Cécile Dijoux tente ensuite de poser la nécessaire distinction entre les notions de patrimoine et de monument historique alors que ces deux notions sont souvent confondues dans le langage commun.La richesse des contributions liées au séminaire et aux actes qui lui sont désormais liés rend compte d’une réelle volonté de participer à la formation des acteurs en essayant de croiser les résultats d’expériences menées sur les différents terrains. Cette réflexion plurielle interroge aussi les outils théoriques que le travail scientifique produit pour aider à éclairer, à comprendre, à analyser, en vue de mieux orienter et réguler les actions. La perspective n’est pas de chercher à construire une culture uniformisée de la question abordée, mais de travailler en vue de questionnements, d’ouvertures et de voies ultérieures à explorer en mobilisant mieux encore la diversité des ressources. C’est un véritable défi que de réunir en un même lieu des acteurs différents qui travaillent sur des problématiques éducatives, sociales, éthiques et territoriales, dans l’école et hors l’école. Une telle construction commune d’échanges6Marvyvette Balcou-Debusscheest au service de l’idée que l’hétérogénéité est à la Réunion, mais aussi ailleurs, la règle et non pas l’exception. Dans cette perspective, les questions auxquelles nous sommes confrontés ne sont pas à penser comme des problèmes, mais comme des espaces qui interrogent nos capacités à construire la société réunionnaise ensemble et de façon équitable. En conséquence, nos travaux scientifiques et nos développements sur le terrain doivent continuer à se croiser, se comprendre et se compléter pour tenter de réduire les inégalités sociales qui, aujourd’hui, sont au cœur des questionnements sur lesquels l’ensemble des acteurs devrait concentrer les efforts.A tous les partenaires qui se sont mobilisés en croyant à la pertinence de ces premières rencontres, à mes collègues et aux communicants, j’adresse mes plus vifs remerciements. Je n’oublie pas les services internes de l’université et de l’IUFM qui se sont donné les moyens d’un réel succès de cette manifestation. Enfin, ma reconnaissance va aux personnes qui ont donné de leur temps pour la lecture et la relecture de l’ensemble de ces textes et la traduction des résumés : Judith Belarbre, Pierre-Eric Fageol, Edel Lynch et Philippe Guillot.Un nouveau rendez-vous est proposé le mardi 12 juin 2012 à l’IUFM, site de Bellepierre, pour la poursuite de ces échanges constructifs. Puisse cette succession de séminaires participer à une réflexion commune édifiée sur des connaissances et expériences solides qui sauront mettre en évidence le fait que l’équilibre d’une société est encore plus fragilisé lorsqu’il se construit, en éducation et en santé, au profit des uns et au grand détriment des autres...Maryvette Balcou-Debussche IUFM – Université de La Réunion

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