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Hydrologie et production agricole dans le nord-ouest de l'Amazonie

Authors
  • Ronchail, J.
  • Schor, T.
  • Espinoza, Jhan Carol
  • Sabot, M.
  • Pinheiro, H.
  • Gomez, P.
  • Drapeau, G.
  • Michot, V.
  • Filizola, N.
  • Guyot, Jean-Loup
  • Sultan, Benjamin
  • Martinez, Jean-Michel
Publication Date
Jan 01, 2021
Source
HAL
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

En 'Amazonie des rivières ', au nord-ouest du bassin, le fleuve Amazonas descend de 7 m entre la crue en avril-mai et l'étiage en septembre, à la station fluviométrique de Tamshiyacu (Pérou). La décrue permet la mise en culture de vastes zones exondées et fertiles sur les berges de la rivière et dans les plaines d'inondation (varzea). Les cultures de subsistance ou rentable (comme le riz) sont étagées selon leur vitesse de croissance notamment, avec vers le bas des plantes annuelles comme les haricots, les arachides, les pastèques et le riz, puis vers le haut et dans la terre ferme, non inondée, des plantes à cycles longs ou des plantes pérennes, comme le manioc, le maïs, ainsi que des arbres fruitiers tels que palmiers à coco, palmiers à açai, papayers, bananiers, cacaoyers. La production et les rendements des cultures de varzea et des cultures de terre ferme changent d'une année à l'autre. Les agriculteurs, les techniciens agricoles et la littérature indiquent souvent que la variabilité des extrêmes hydrologiques et du cycle de décrue sont les causes de la variabilité des récoltes. Par exemple, une crue très forte ou une fin de saison de décrue précoce peuvent engendrer la submersion des récoltes. Une saison de décrue trop courte en raison d'une descente des eaux tardives et/ou d'une remontée précoce de la rivière, ne permet pas la maturation des plantes. Une baisse réduite de la rivière pendant la saison de décrue limite l'extension des surfaces cultivables et donc la production. Un 'faux départ ' de la saison de décrue, avec une hausse inattendue des niveaux d'eau peut noyer les semences. Ces facteurs de risques sont testés dans le présent travail à partir des données de rendement et de production du riz dans le département de Loreto (Pérou) et des données hydrologiques de la station de Tamshiyacu. La mise en relation entre résultats agricoles et variables décrivant le cycle hydrologique ne montre pas les liens évoqués habituellement par les professionnels sur le terrain et la littérature. L'explication de la variabilité des récoltes de riz pourrait être améliorée en utilisant des données plus locales et qui différencieraient productions de varzea des productions de terre ferme. De plus, la capacité adaptative des agriculteurs lorsque se produit un aléa, d'autres facteurs physiques que ceux qui ont été envisagés (températures, pluies, maladies du riz, qualité de l'apport sédimentaire...), ainsi que des facteurs économiques et politiques, sont d'autres pistes qui mériteraient d'être explorées pour expliquer la variabilité de la production et des rendements. Néanmoins, l'analyse du cycle hydrologique pendant la période 1984-2014 apporte un certain nombre d'informations inédites. Par exemple, on observeune variation inter-annuelle très importante des dates de mise en place (en juillet en moyenne) et de fin (fin octobre) de la décrue. En fonction de ces dates, la saison de décrue, d'une durée moyenne de 114 jours, ce qui correspond à la durée de croissance du riz, peut être raccourcie des deux tiers ou bien doublée, comme lors de la sécheresse de 2010. La durée de décrue présente par ailleurs une tendance à l'allongement de presque un mois entre les années 1980 et les années 2010, en lien avec un décalage de la fin de la décrue d'un mois entre ces deux périodes. Ce résultat est cohérent avec le retard de la mise en place de la mousson sud-américaine et de la saison des pluies dans une partie sud du bassin amazonien. De plus, on observe une accélération au cours du temps de la remontée des eaux après la décrue ; alors qu'elle durait en moyenne 3 mois jusqu'à 2001, elle ne dure plus qu'un mois et demi dans les années récentes. Les facteurs climatiques en lien avec ces variations seront examinés dans un prochain travail.

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