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Hétérogénéité spatiale et fonctionnelle des sols et production du niébé dans les systèmes d'exploitations familiales au Niger

Authors
  • Seyni Bodo, Bachirou
Publication Date
Sep 18, 2019
Source
Hal-Diderot
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

Le niébé, Vigna unguiculata (L.) Walp est la principale légumineuse cultivée au Niger. Chaque année plus de 5 millions d'hectares sont emblavés avec une production de 1,11 million de tonnes en 2012 soit le quart de la production agricole nationale et 80% des cultures de rente. L'intérêt de cette culture au Niger réside d'une part dans sa valeur économique, 74% de la production nationale étant destinée à l'exportation pour une valeur pouvant atteindre 58 milliards de Francs CFA en 2009, et d'autre part dans sa qualité pour la nutrition humaine et animale (3400 calories et 230 g de protéines par kg soit deux fois plus que le mil et le sorgho). Au-delà de son intérêt alimentaire, le niébé revêt aussi un intérêt environnemental certain. Des études ont montré qu'à travers la symbiose entre ses racines et les bactéries fixatrices d'azote, le niébé améliore la fertilité des sols et protège les sols contre l'érosion grâce aux ramifications de sa partie aérienne. Cependant, force est de constater que sa production est très variables dans les parcelles agricoles. Cette variabilité de la production du niébé serait due à la forte hétérogénéité qui caractérise les sols au Niger. Celle-ci se traduit par la présence d'une diversité d'entités homogènes sur une même parcelle avec des caractéristiques intrinsèques différentes les unes des autres. Cette diversité est la résultante des phénomènes liés à l'érosion (eau, vent), aux activités biologiques (fourmis, termites, vers de terre ), aux activités humaines (mise en culture, pratiques culturales ) et à la combinaison de ces facteurs. Cette hétérogénéité des sols étant probablement à l'origine de la variabilité de la production de niébé dans les exploitations familiales, sa compréhension et sa quantification deviennent indispensable pour la maitrise de la productivité des cultures en général et du niébé en particulier. L'objectif global de ce projet est d'évaluer l'importance de la prise en compte et de la gestion de l'hétérogénéité spatiale et fonctionnelle des sols dans la production du niébé à l'échelle des systèmes d'exploitations familiales au Niger. Cette étude est réalisée dans deux régions contrastées du Niger à savoir Tillabéry et Maradi. Ces deux régions offrent des conditions agro-écologiques (climat, sols, pratiques culturales, etc) et des conditions socio-économiques (utilisation, commercialisation) contrastées vis-à-vis de la culture du niébé. Les sites d'étude choisis dans la région de Tillabéry se répartissent dans deux secteurs repartis le long d'un gradient pluviométrique Nord-Sud : Site de Banizoumbou (13°31'55''N et 2°40''E) et de Sadoré (13°14'38''Net 2°16'37''E). Les sites de la région de Maradi sont localisés sur deux secteurs qui représentent les substrats pédologiques majeurs de cette région : les sols alluvionnaires du Goulbi de Maradi (Site de Tarna 13°27'1,30''N et 7°6'42,97''E) et les sols sableux dunaires (Site de Araourayé 13°51'05,7"N et 7°28'51,5"E). Divers travaux d'observations, de mesures et d'expérimentations ont été réalisés dans le cadre de ce projet : perception et gestion paysanne de l'hétérogénéité des sols, identification des différentes hétérogénéités, caractérisation et cartographie de ces hétérogénéités et expérimentation de deux variétés de niébé en fonction des hétérogénéités. Les résultats de ce projet permettront d'acquérir un jeu de données nécessaire pour la compréhension de l'hétérogénéité des sols et le développement de leviers à actionner pour remedier aux contraintes relatives à l'hétérogénéiété des sols en lien avec la productivité du niébé. Ce projet se base sur une approche pluridisciplinaire intégrant aussi bien les perceptions et gestions paysannes de l'hétérogénéité des sols, l'agronomie et les sciences du sol. Il est réalisé dans le cadre d'un partenariat regroupant l'université Moumouni de Niamey, le GEGENAA de l'université de Reims Champagne-Ardenne et l'IRD (représentation du Niger).

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