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Combattre la pauvreté dans le Congo en situation de post-conflict

Authors
Disciplines
  • Economics
  • Political Science
  • Social Sciences

Abstract

1. Dans le premier axe nous évoquerons brièvement quelques définitions et les principales causes de la pauvreté. Selon la Banque Mondiale, la croissance économique est la meilleure politique contre la pauvreté. Cependant, elle constate que la croissance économique n'est pas synonyme de réduction des inégalités ou de diminution de la pauvreté. Celle-ci a plusieurs causes et exige plus que la simple croissance pour la combattre. Nous y donnons aussi quelques éléments spécifiques qui distinguent la pauvreté urbaine de la pauvreté rurale. 2. Le deuxième axe compare la situation du Congo (République Démocratique du Congo-RDC) avec celle de ses voisins sur les critères de l'indicateur du développement humain (IDH ou HDI). La situation socioéconomique du Congo se résume en ces termes: l'économie est bloquée et l'Etat ne dispose ni d'institution financière de grande envergure, ni de groupe d'hommes (bourgeoisie locale) d'affaires qui peuvent financer l'économie: dès lors, l'Etat congolais se doit de réunir les capacités de remettre la machine en marche avec la participation de tous les acteurs de développement (secteur public, secteur privé, secteur associatif) afin de renverser les tendances négatives de beaucoup d'indicateurs de développement humain pour le pays. Quelques stratégies de lutte contre la pauvreté en générale sont traitées. 3. En troisième lieu, nous donnerons quelques réflexions sur les contraintes liées au facteur Temps dans la lutte contre la pauvreté. Combattre la pauvreté dans la période de transition ne peut être valable que si cela s'inscrit dans une dynamique de développement global et durable (en d'autres termes, les résultats positifs obtenus doivent se reproduire). Dans le cas du Congo, les réponses doivent être trouvées à deux types de questions: Les questions liées au Temps dans la lutte contre la pauvreté (temps sociologique et économique, stratégies à court terme et à long terme). La pauvreté elle-même étant multidimensionnelle, elle n'a pas une définition univoque dans l'espace et dans le temps et ne peut être combattue par une seule action. Dès lors dans un pays où les structures socio-économiques sont désarticulées, les capacités de réceptivité ou d'absorption des innovations culturelles et morales à apporter peuvent exiger un temps long. Les stratégies de lutte contre la pauvreté même pendant la période de transition doivent donc se définir dans un processus cohérent de développement de l'ensemble de la société. Celui-ci (le développement) étant défini comme un ensemble des changements de structures associés à la génération, à la répartition, à l'utilisation du surplus économique. Dans ce même cadre, le temps sociologique renvoie aux stratégies de formation, de sensibilisation pour améliorer la participation de la population à tous les stades qui concernent la prise de décisions sur son devenir et le contrôle sur l'utilisation des ressources. Pour cela la démocratisation et la liberté des espaces culturels d'expression et de rencontre doivent être une priorité pour évacuer la situation anomique qui crée une société sans règles ni sanction sociale pour les gestionnaires politiques. La lutte contre la pauvreté doit compter sur la construction d'un capital social productif qui recrée des repères et des références qui incitent à la recherche de l'intérêt général pour sortir de ce qu'on pourrait appeler "culture des pauvres" (la reproduction de la pauvreté). Les questions liées aux moyens sociaux et financiers à mettre en oeuvre pour stimuler le développement économique à court et à long termes. La croissance et la construction de la société ne se réalisent pas sur les exclusions qui constituent une des causes fondamentales de la pauvreté. La solidarité est une tâche de la collectivité et non du privé. Cependant, le capital social productif suppose une articulation particulière de tous les acteurs de développement: secteur public, secteur privé (marché) et secteur associatif. Cette articulation nécessite également du temps (Temps économique). Le temps économique est régulé par le marché efficace. Ce dernier est aujourd'hui caractérisé par une explosion du secteur informel qu'il conviendrait de récupérer. Le problème qui se pose à ce niveau est celui de savoir si le pays, la RDC, dispose d'une capacité d'absorption des moyens financiers et autres qui peuvent être mis à sa disposition. 4. Enfin le quatrième axe conclura sur quelques pistes de réflexions concernant les stratégies à court et long termes pour lutter contre la pauvreté dans le Congo d'aujourd'hui. L'Etat doit retrouver son rôle de régulateur et de redistributeur. Il doit créer les conditions de reprise en relançant des programmes de crédit et des travaux publics (infrastructures) pour développer la capacité d'absorption par les entreprises et les ménages des moyens mis à la disposition du Congo. Une réflexion sur les instruments budgétaires (affectations des ressources) et fiscaux doit être menée pour voir dans quelle mesure on peut diminuer les coûts et proposer la gratuité de certains services sociaux bien ciblés à court terme pour une visibilité immédiate de nouvelles actions de l'Etat reconstruit.

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