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Task Specialization and Organizational Commitment: An Empirical Examination Among Blue-Collar Workers

Authors
Journal
Relations industrielles
0034-379X
Publisher
Consortium Erudit
Publication Date
Volume
30
Issue
4
Identifiers
DOI: 10.7202/028654ar
Disciplines
  • Political Science

Abstract

Depuis le commencement de l'ère industrielle, la spécialisation des tâches a été à la base de la création des postes de travail. Ce principe a été vulgarisé d'abord par le taylorisme au tournant du siècle et, un peu plus tard, pair l'introduction des chaînes de montage ou d'assemblage dans les usines. Même s'il ne fait pas de doute que la spécialisation des postes de travail a augmenté l'efficience et la productivité des sociétés industrielles, elle a en même temps soulevé beaucoup de problèmes humains et techniques. Associés à la spécialisation des emplois se posent des problèmes sérieux relativement aux comportements négatifs des travailleurs à l'égard des postes qu'ils occupent et des entreprises qui les emploient de même que, au plan technique, la difficulté d'établir une bonne coordination de postes de travail trop spécialisés.L'article ci-dessus étudie le rapport entre la spécialisation des emplois et le degré d'engagement des travailleurs manuels dans les entreprises. Qui dit spécialisation des emplois dit subdivision des différents éléments d'un travail à exécuter en plusieurs tâches parcellaires de telle sorte que l'emploi ne contient qu'un nombre limité de tâches. D'une façon générale, on reconnaît que cette façon de procéder comporte trois conséquences typiques : le travail à exécuter est fragmentaires ; il se répète ; il est simple. Porter et Smith ont défini l'engagement comme une sorte de rapport particulier entre le travailleur et l'entreprise qui l'emploie dans lequel le travailleur endosse et appuie les objectifs et la politique de l'entreprise, démontre la volonté d'en assurer le succès par ses propres efforts et désire rester à son service pendant un temps indéfini. L'auteur soutient que les trois conséquences fondamentales de la spécialisation des postes de travail affectent le degré d'engagement du salarié dans l'entreprise dans ses trois dimensions : la fragmentation du travail exerce une influence sur les travailleurs dans leur adhésion et leur appui aux objectifs de l'entreprise ; le caractère répétitif du travail, leur volontéde faire des efforts nécessaires pour en assurer la réussite et la simplification du travail, leur désir de continuer à y demeurer.Dans cette étude, la spécialisation des postes de travail a été considérée sous deux aspects distincts, d'abord en observant sur place le processus de travail et ensuite en interrogeant les travailleurs sur l'ampleur de la répétition et de la simplification de la tâche. Quant au degré d'engagement dans l'entreprise, il a été mesuré à partir des réponses à douze questions sur une échelle de type Likert à trois barreaux : oui, indécis, non. Le questionnaire fut conçu de telle sorte que chaque tiers des douze rubriques relatives au degré d'engagement soit orienté vers une des trois dimensions de l'engagement. La crédibilité interne logique de l'échelle d'engagement dans l'entreprise dans sa globalité fut estimée à 0.85 selon la formule de prospective Spearman-Brown. On a trouvé qu'il existait une corrélation valable entre les douze rubriques de l'échelle d'engagement et les résultats totaux de l'échelle au niveau .001 de signification.Les données relatives à la présente étude furent recueillies auprès des travailleurs à la production de six sociétés de Vancouver en Colombie-Britannique. Trois de ces entreprises étaient respectivement engagées dans les industries de la conservation de la viande, du raffinage du sucre et de la transformation du lait ; deux autres s'occupaient de la production et de la distribution d'énergie ; la dernière fabriquait des émetteurs de téléphone. Ces sociétés étaient de dimensions moyennes, et le nombre de leurs salariés variait entre 200 et 600 personnes. On a remis le questionnaire à 550 travailleurs à la production des six sociétés et, après un rappel, 68 pour cent d'entre eux (377) ont retourné des questionnaires utilisables.Le gamma de Goodman et de Kruskal (troisième série du groupe) fut utilisé pour apprécier l'intensité d'association entre la spécialisation des emplois et le degré d'engagement dans l'entreprise. L'analyse des données a permis d'en arriver aux conclusions suivantes :1° Il y a un rapport négatif entre la spécialisation des emplois, telle que constatée par la mécanisation de la chaîne de production, et le degré d'engagement global dans l'entreprise. 2° Il y a un rapport négatif entre la nature répétitive du travail et la volonté des travailleurs de faire des efforts en vue d'assurer le succès de l'entreprise. 3° Il y a un rapport négatif entre la simplification du travail et le désir des salariés de rester au service de l'entreprise.Les conclusions fondamentales de ces données sont importantes sous deux rapports. Premièrement, elles semblent être la confirmation expérimentale et logique des constatations des recherchistes qui prétendent que la spécialisation des emplois exerce une influence négative sur les attitudes et le comportement de l'homme dans son milieu de travail. En second lieu, ces conclusions sont importantes parce qu'elles indiquent que le degré d'engagement des cols bleus dans l'entreprise est influencé par l'ampleur de la spécialisation de leurs postes, alors que l'observation expérimentale de leur comportement vis-à-vis l'entreprise indique uniquement que la satisfaction du travailleur à l'endroit de son emploi et de son employeur, l'aliénation au travail et l'absentéisme sont affectés par l'ampleur de la spécialisation des postes de travail.

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