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Évaluation des risques sanitaires liés à la pratique sportive en période de fortes chaleurs

Authors
  • Moutet, Léo
Publication Date
Nov 14, 2022
Source
HAL-Descartes
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

L’activité physique est un facteur indispensable au maintien d’une bonne santé chez tout individu. De nos jours, c’est un déterminant de santé largement sous-estimé par la population générale. Dans un contexte de changement climatique et d’augmentation des fréquences d’événements extrêmes comme les canicules, pratiquer une activité physique en toute sécurité s’annonce être un enjeu dans la décennie à venir. Ceci pour des niveaux de pratiques allant du loisir aux Jeux olympiques, en passant par le milieu scolaire. Les réseaux de surveillance syndromique des autorités sanitaires ont déjà observé une augmentation des hyperthermies lors de périodes de fortes chaleurs, en particulier chez les jeunes. Très peu de recommandations ou règlements officiels existent à ce sujet et sont très peu connus dans le milieu sportif. Cette étude débute par une revue des connaissances scientifiques disponibles sur le sujet. Il s’agira ensuite de décrire les données sanitaires et météorologiques pertinentes. Celles-ci sont issues du réseau de surveillance SurSaUD® des passages aux urgences et de Météo France qui mène une réflexion sur tout un panel d’indices de confort thermique. Les indicateurs d’exposition sont issus de 33 stations réparties dans les différents climats de France et calculés sur la période 1er juin – 15 septembre entre 2015 et 2019 pour correspondre aux dernières données appropriées de passages aux urgences. La diversité d’activités sportives en France implique de dresser une typologie des pratiques afin d’orienter les futures méthodes de surveillance, de prévention et d’intervention. Sur les 42 études épidémiologiques sélectionnées, la plupart sont réalisées aux États-Unis. Les indices météorologiques étudiés sont principalement la température et le WBGT. Il est décrit des impacts sanitaires sur la mortalité, les passages aux urgences et sur l’incidence de pathologies comme les crampes, syncopes, épuisements, hyperthermies et hyponatrémies dues à l’exercice. Plusieurs types de surveillance sont mis en place : réseau longitudinal des autorités sanitaires, systèmes spécifiques aux événements sportifs ou la surveillance et remontée de données issues du cadre scolaire. Très peu d’informations sont disponibles sur les conditions de pratiques ou sur la pratique autonome. En France, nous identifions quatre indicateurs d’intérêt : la température, le WBGT, le Heat Index et l’UTCI. Ils sont corrélés avec les niveaux de vigilance et l’état de canicule. Chacun d’eux permet de caractériser un excès de risque de recours aux soins d’urgence pour plusieurs causes relatives à la chaleur : hyperthermie, déshydratation, hyponatrémie, malaises et fièvres isolées. Une typologie des sports a pu être dressée spécifiant les facteurs de risques liés à différentes pratiques lors de fortes chaleurs. Des entretiens avec diverses fédérations de sport ont permis de mieux comprendre la perception et gestion du risque chaleur dans des milieux sportifs encadrés. On retient des connaissances scientifiques concentrées aux États-Unis, utilisant majoritairement le WBGT pour étudier la pratique du football américain. Les impacts sont graves et inhérents aux types de pratiques et de populations tout comme les leviers de préventions. Les paramètres d’hydratation et d’acclimatation paraissent être les plus importants à contrôler afin de diminuer le risque. La température semble être l’indicateur d’exposition le plus pertinent, mais il serait pertinent de développer une mesure permettant de quantifier précisément la charge thermique individuelle. Il est important de sécuriser et de promouvoir la pratique d’activité physique tout en s’adaptant aux conditions climatiques futures.

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