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Douleur, somatisation, et culture: Peut-on aller au-delà des stéréotypes?

Authors
  • Cathébras, P.1
  • 1 Hôpital Nord, Service de Médecine Interne, Saint-Etienne Cedex 2, F-42055 , Saint-Etienne Cedex 2
Type
Published Article
Journal
Douleur et Analgésie
Publisher
Springer-Verlag
Publication Date
Sep 01, 2000
Volume
13
Issue
3
Pages
159–162
Identifiers
DOI: 10.1007/BF03006597
Source
Springer Nature
Keywords
License
Yellow

Abstract

Face à la douleur physique, ou à des symptômes somatiques sans substratum lésionnel (somatisation), la dimension culturelle de la plainte est souvent évoquée, et l’anthropologie est alors convoquée pour éclairer le «sens» des symptômes. En les interprétant comme un langage de détresse reconnaissable (idiom of distress) ou comme la forme ethnique d’un désordre psychique (culture-bound syndrome), la perspective anthropologique tend à exagérer le codage culturel des symptômes, au détriment de leurs significations pathologiques, psychodynamiques, ou politiques. Ce faisant, les anthropologues prennent le risque d’ignorer les importantes variations intra-ethniques, de reproduire des stéréotypes culturels, voire d’ouvrir la porte à la stigmatisation de certains groupes. Au-delà des stéréotypes (par exemple sur les différences d’expression de la douleur d’un groupe ethnique à l’autre), les sciences sociales devraient permettre de porter l’attention sur le contexte socio-médico-moral complexe au sein duquel la plainte somatique est exprimée. Un modèle où le symptôme somatique peut avoir simultanément plusieurs «sens» est présenté.

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