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Pierre Gérard, acrobate de la réalité quotidienne

Authors
Publication Date
Keywords
  • Arts & Humanities :: Art & Art History [A02]
  • Arts & Sciences Humaines :: Art & Histoire De L'Art [A02]

Abstract

« Rien avoir », tel est le titre de l’exposition que la Porte 11 à Bruxelles consacre, à partir du novembre, au travail de Pie Pierre Gérard, acrobate de la réalité quotidienne par Julie Bawin Après les ready-made de Duchamp, les boîtes de soupes Campbell’s de Warhol, les vitrines de Martial Raysse et les installations de Guillaume Bijl, reste-t-il encore quelque nouveauté à rechercher du côté de l’inclusion de l’objet banal dans le champ de la pratique artistique ? Pierre Gérard, trente-neuf ans, le pense. Depuis plus d’une décennie en effet, l’artiste liégeois s’ingénie à perturber l’ordre tranquille de l’imagerie quotidienne en s’appropriant des éléments isolés de la réalité pour les transposer dans un univers décalé où les images dérivées des objets tirent de leur fragilité apparente l’essentiel de leur éloquence. Partant d’images trouvées au hasard des magazines et d’objets prélevés dans le réel, Pierre Gérard s’est d’abord fait remarquer pour ses huiles de petit format conçues comme un espace d’appropriation de la banalité quotidienne. À ces tableautins – dont l’univers plastique n’est pas sans rappeler celui d’un Maurice Pirenne ou d’un Luc Tuymans – se sont ensuite ajoutés des toiles de plus grande taille, des sculptures, des vidéos, des photographies, des pièces sonores, des objets sous vitrine, du mobilier. Plus que la variété des modes d’expression mis en œuvre, c’est le développement logique dont son travail est l’objet qui est remarquable. Car si elle annonce un renouvellement constant des méthodes, des supports et des motifs, son entreprise a ceci de stable que toujours elle recherche le décalage du regard. En quête d’un basculement de sens, l’artiste cherche à perturber la vision réflexe du spectateur à travers le jeu des apparences et de l’analogie afin de rendre « ce qui méconnaissable encore plus méconnaissable tout en reconnaissant l’objet » (1). Au risque de déplaire, Pierre Gérard cultive l’inconfort, l’étranget

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