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De quoi le mahragān est-il le son ? Compositions et controverses musicales en Égypte

Authors
  • Puig, Nicolas
Publication Date
Apr 10, 2019
Source
HAL-UPMC
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

Le mahragān – le pluriel mahragānāt est fréquemment employé, il est souvent présenté par les médias français et internationaux sous l'appellation électro-chaabi – se développe en Égypte depuis la fin des années 2000. Cette forme musicale particulière trouve son origine dans les pratiques des DJs qui officient dans les mariages balādīs (locaux, qui se tiennent le plus souvent dans une portion de rue aménagée pour la cérémonie, le terme connote une idée d'authenticité égyptienne opposée à la citadinité bourgeoise occidentalisée) et peu à peu transforment les simples salutations au public de la noce en véritable morceaux mélodiques, des chansons scandées qui suscitent l'engouement de la jeunesse. Cette performance s'impose progressivement dans les fêtes de mariage (afrāḥ) et les acteurs de ce monde nocturne le désigne tout simplement par le terme « festival », mahragān. Ce texte décrit les pratiques esthétiques et sonores du mahragān, et les réinsére dans une généalogie sociale et musicale pour comprendre, avec un peu de précision, de quoi (de qui) il est le son (1). Puis l’organisation du système mahragān est approchée par l’observation des circulations de la musique à la surface de la ville et dans les espaces numériques (2). Ces descriptions permettront d’asseoir en conclusion l’idée que le mahragān agit dans la société égyptienne comme une culture alternative qui diffuse depuis les quartiers périphériques des musiques et des codes vestimentaires et comportementales attrayants quoique controversés.

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