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Développement de l’activité de travail et enjeux de l’acceptation des technologies en situation multi-médiatisée : le cas des Réseaux Sociaux Numériques d’Entreprise

Authors
  • Deromas, Nadia
Publication Date
Feb 03, 2020
Source
HAL-Descartes
Keywords
Language
French
License
Unknown
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Abstract

Depuis les années 2000, le Réseau Social Numérique d’Entreprise (RSNE) constitue un moyen d’accompagner les transformations digitales (Karoui & Dudezert, 2018; Matt, Hess, & Benlian, 2015). Dans ce contexte, les RSNE visent à faciliter les d’échanges et les collaborations asynchrones entre professionnels dispersés géographiquement et fonctionnellement (n’appartenant pas aux mêmes équipes), pour optimiser la capitalisation de la connaissance à l’aide de nouvelles régulations collectives plus flexibles, et améliorer la productivité grâce à la qualité des informations transmises et, simplifier l’organisation du travail des professionnels (Bourgeois & Gonon, 2010; Bouville, 2013; Brangier & Bornet, 2011). Or, du point de vue des professionnels, s’approprier un outil, le faire sien en correspondance à une culture (Serge Proulx, 2002), développer des schèmes opératoires qui conduisent à la subjectivation (Rabardel, 1995a), développer des compétences nouvelles (Weill-Fassina & Pastré, 2004) lui donner un sens, un objet, une destination à l’activité au sens (Engeström, 2008b), développer du pouvoir d’agir individuellement et collectivement (Clot, 2008c) procède d’un processus d’évaluation qui va de l’expérimentation à l’intégration dans les pratiques effectives et qui constitue une trajectoire d’usage (Bobillier Chaumon, 2016). Dans la perspective de rendre compte des conditions de développement d’une trajectoire d’usage d’un RSNE, nous avons déployé une méthodologie inter-méthode (Caillaud & Flick, 2016) (qualitative et quantitative) pour apprécier concrètement ce que la technologie "permet de faire" ou "oblige à faire", mais aussi ce qu’elle "empêche de faire", "ou plus comme avant" (Bobillier Chaumon et Dubois, 2009), au contact d’un environnement social et par rapport à des pratiques effectives pour évaluer « ([…] ses apports et ses limites, et de définir ainsi son intérêt par rapport à l’activité et au projet de l’individu ». (Bobillier-Chaumon, 2013, p. 58). Nos résultats montrent que le RSNE est peu adapté aux exigences psycho-sociales de l’activité contemporaine de travail et aux besoins spécifiques de la collaboration asynchrone ce qui peut expliquer un usage relativement faible. Une étude des dimensions situées du développement de l’activité montre que les professionnels utilisent le RSNE pour structurer leur activité individuelle en vue d’anticiper et de calibrer les collaborations futures mais qu’ils échouent à développer la part collective des collaborations asynchrones.

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