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Déroutants primates : approches émergentes aux frontières de l&8217;anthropologie et de la primatologie

Authors
  • Yamakoshi, G.
  • Leblan, Vincent
Publication Date
Jan 01, 2013
Source
Horizon / Pleins textes
Keywords
Language
English
License
Unknown
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Abstract

La conservation de l'environnement en Afrique trouve ses origines dans les réserves naturelles imposées par les pouvoirs coloniaux. Même après les indépendances, la gestion “par le haut” de ces réserves a été maintenue notamment dans le cadre des politiques internationales de conservation et pour répondre aux attentes consuméristes des pays occidentaux. Dans les sociétés africaines, cette politique imposée a continué à générer très peu de motivation et, bien souvent, de véritables motifs d'opposition. Même dans le cadre des approches participatives actuelles, certains continuent à expriment leur scepticisme quant à la capacité des africains à agir de façon indépendante et quant à l'existence de conceptions locales de la "conservation". Cet article propose une description détaillée d'une campagne de défrichement par les habitants de Bossou (République de Guinée) au sein d'une aire protégée, en 2002, dont le catalyseur a été l'installation d'un institut de recherche public au sein du village même. Depuis plusieurs décennies, ce village était considéré par les scientifiques comme un lieu de coexistence pacifique entre les habitants et les chimpanzés. L'objectif déclaré de la campagne de défrichement était de sécuriser des terres pour la production de la subsistance, mais il semble que la principale motivation des acteurs ait été de garder leur pouvoir de décision, face à l'institut public, sur des questions telles que la répartition des revenus générés par le tourisme local. Après le soulèvement général de 2002, un individu et sa famille ont poursuivi le défrichement et les cultures au sein de l'habitat des chimpanzés. Ceci exprime vraisemblablement un désir de retrouver l'environnement végétal tel qu'il était avant le début des recherches scientifiques. L'environnement agricole est localement valorisé pour la coexistence avec les chimpanzés, ce qui entre en conflit avec les modèles de gestion exogènes (scientifiques, administrations publiques). Le modèle de “conservation” local révélé par cette étude de cas peut aider à prévenir les préjudices et les décès dus aux zoonoses et aux agressions commises par les chimpanzés, par comparaison avec le modèle exogène fondé sur les préceptes de l'écologie de la conservation. Dans le futur, les mesures de conservation devraient être déterminées d'après un dialogue entre les deux approches. Cet article est modifié d'après Yamakoshi (2006a).

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