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« #Daesh c’est ÇA ! » ou comprendre l’exploitation politique des images violentes

Authors
  • SIMON, Justine
Publication Date
Nov 18, 2018
Source
HAL-SHS
Keywords
Language
French
License
Green
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Abstract

« Hallucinant ». C’est ainsi que Marine Le Pen (Rassemblement national, RN) qualifiait sa convocation à une expertise psychiatrique le 20 septembre dernier sur Twitter. Cette convocation s’inscrit dans le cadre d’une mise en examen de la cheffe du parti, encore Front national (FN) alors, pour « diffusion d’images violentes » sur les réseaux sociaux il y a trois ans. Ce nouvel épisode relance la polémique de la diffusion de tweets reprenant des photos de propagande djihadiste. Retour sur ces faits et leur singulière portée politique.Nous sommes le 16 décembre 2015 : un mois à peine après les attentats de Paris et au lendemain des élections régionales. Marine Le Pen s’oppose à Jean‑Jacques Bourdin qui vient de recevoir, dans son émission Bourdin direct, un universitaire spécialiste de l’islam et du monde arabe contemporain : Gilles Kepel. Le spécialiste est interrogé sur l’analyse qu’il fait du « repli identitaire » – caractéristique jugée commune à certains électeurs du FN et aux djihadistes français.La Présidente du parti accuse le journaliste d’avoir soi-disant comparé le FN à Daesh. Elle publie trois tweets multimodaux – alliant texte et image – qui s’adressent publiquement au compte @JJBourdin_RMC. Ces publications introduites par la formule « #Daesh c’est ÇA ! » représentent des photos d’assassinats de prisonniers de l’organisation islamiste. La première photo montre le cadavre d’un homme décapité. Les deux autres sont des photos d’exécution, où un homme est brûlé vif et un autre est écrasé par un tank.Les réactions de la twittosphère ne se font pas attendre. Les militants d’extrême droite et les personnes s’opposant aux valeurs du parti se livrent à une véritable bataille d’images.

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