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Apport du pH trachéal dans le diagnostic précoce des pneumopathies acquises sous ventilation mécanique. Résultats préliminaires

Authors
Journal
Annales Françaises d Anesthésie et de Réanimation
0750-7658
Publisher
Elsevier
Identifiers
DOI: 10.1016/j.annfar.2014.07.695
Disciplines
  • Biology
  • Medicine
  • Physics

Abstract

Introduction Les pneumopathies acquises sous ventilation mécanique (PAVM) représentent une des premières causes de morbi-mortalité en réanimation. Chez l’homme, le pH trachéal est légèrement plus acide que le pH plasmatique [1]. Dans cette étude, nous nous proposons, d’étudier la relation entre le pH trachéal et la survenue de PAVM. Matériel et méthodes Étude prospective observationnelle menée dans une réanimation médico-chirurgicale sur une période de 60jours ayant inclus 25 patients intubés les premières 48heures de leur admission. Le pH trachéal a été mesuré par des bandelettes réactives sur les sécrétions trachéales dès l’intubation (T0) puis tous les jours à une heure fixe de la journée. Au même moment, nous avons relevé les autres paramètres nécessaires pour calculer « clinical pulmonary infection score » (CPIS). Nous avons également relevé les données bactériologiques et notamment les prélèvements distaux protégés (PDP). Les patients ont été classés en deux groupes : PAVM (+) et (−) en fonction du CPIS et du PDP. Analyse statistique sur SPSS 18.0 : variables qualitatives exprimées sous forme d’effectif et %. Analyse univariée afin de comparer les groupes PAVM (+) et PAVM (−) à l’aide du test de Chi2. Résultats À T0, le pH trachéal était acide (pH<7) chez tous les patients sauf trois qui avaient inhalé (pH>8). Au cours du séjour en réanimation, sur les 25 patients hospitalisés, 13 ont développé une PAVM (4 précoces et 8 tardives) avec un CPIS>6. Le pH trachéal était alcalin chez 11 patients. Parmi les patients qui avaient développé une PAVM, 8 étaient déjà sous antibiothérapie probabiliste préalable : 2 pour pneumopathie d’inhalation et 6 pour des foyers extrapulmonaires. Nous avons noté aussi bien le pH trachéal concomitant au PDP ainsi que le CPIS correspondant (Tableau 1). Discussion En comparant ces résultats préliminaires aux données de la littérature, nous retrouvons une discordance. Le pH trachéal acide favorise la survenue de pneumopathie [2,3]. La majorité des patients infectés (CPIS>6) ont un pH alcalin indépendamment du délai de survenue et d’une antibiothérapie préalable à visée pulmonaire ou autre. Il est certain que notre étude présente quelques limites : outre l’effectif initial réduit, le pH n’est pas mesuré au niveau des voies aériennes distales et pourrait être influencé par des conditions locales et la mesure elle-même n’est pas aussi performante (bandelette réactive). Néanmoins, des résultats contradictoires à ceux retrouvés dans la littérature et concernant un sujet aussi pertinent, éveilleraient la curiosité de tout clinicien et pousseraient à mieux étudier ce sujet en s’offrant de meilleurs moyens. Parmi les infections nosocomiales en réanimation, les PAVM sont probablement l’une des plus sévères entraînant une surmortalité et une sur-morbidité. C’est pour cela que toute aide à un diagnostic précoce serait la bienvenue.

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