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Une autre exception française : un football sans hooligans ?

Authors
Publisher
Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance (INSEP), France
Publication Date
Keywords
  • Soccer Hooliganism -- France
  • Soccer -- Sociological Aspects -- France
  • Hooliganisme (Sports) - France
  • Football - France - Sociologie
  • Football
  • Supporter
  • France
  • Sociologie
Disciplines
  • Political Science

Abstract

Si l'Angleterre ou l'Italie pèchent par excès de passion pour le football, la France péchait plutôt par défaut, au moins jusqu'aux années récentes. Il faut attendre, en France, la saison 1987-88 pour retrouver le meilleur niveau de spectateurs, atteint en 1950-51 avec près de 12 000 spectateurs, le public du football ne cessant de décroître entre 1950 et 1968, où il atteint le niveau le plus bas avec à peine 7 000 spectateurs par match. Jusqu‘à la fin des années 1980, le régime est encore celui des fluctuations d'affluence se situant entre 9 700 et 11 300 spectateurs. Mais durant la saison 1999-2000, le nombre moyen de spectateurs dans les stades français a atteint le chiffre record de 22 000 et les stades connaissent un taux de remplissage situé entre 50 et 80%. Mais les changements sont aussi qualitatifs. Aujourd'hui, tous les clubs de la Première division comptent plusieurs associations de supporters qui vont des supporters traditionnels aux ultras. A Paris, à Marseille ou Bordeaux, ces ultras regroupent plusieurs dizaines de milliers de personnes. Leur activité est spectaculaire, mais pacifique. Toutefois, il existe aussi des groupes de hooligans, notamment à Paris, et quelquefois, les activités des ultras se traduisent par des affrontements avec les supporters de l'équipe adverse ou avec la police. Comment faut-il juger cette agitation ? Comment expliquer le changement dans la culture française du football ? Le comportement des supporters ultras et le développement du hooliganisme sont des aspects spectaculaires des changements intervenus dans la manière dont sont aujourd'hui produites les identités individuelles et collectives : les identités personnelles ou les identités définies par le genre, le lieu ou l'âge sont maintenant aussi importantes que les identités politiques - qu'elles soient républicaines ou laïques, de gauche ou de droite - en tant qu'expression de la conception idéale de ce que signifie être français.

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