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Les modifications physiologiques de la grossesse favorisent-elles la gravité des infections obstétricales ?

Authors
Journal
Médecine et Maladies Infectieuses
0399-077X
Publisher
Elsevier
Publication Date
Volume
24
Identifiers
DOI: 10.1016/s0399-077x(05)80212-4
Keywords
  • Grossesse
  • Infection Grave
  • Défenses Immunitaires
  • Réanimation
  • Pregnancy
  • Severe Sepsis
  • Immune Functions
  • Intensive Care
Disciplines
  • Biology
  • Medicine

Abstract

Resume Cet article tente de répondre à deux questions : la grossesse est-elle statistiquement responsable d'une gravité particulière des infections bactériennes ? Quelles modifications physiologiques sont susceptibles d'aggraver le pronostic de l'infection bactérienne ? Les pyélonéphrites gravidiques et l'infection amniotique avec endométrite secondaire dominent la scène épidémiologique. Le risque de choc septique au cours de l'infection à Escherichia coli d'origine urinaire semble en grande diminution en raison du dépistage et du traitement systématique de l'infection urinaire. L'évolution actuelle des pyélonéphrites est le plus souvent favorable. L'infection amniotique toucherait 3 à 40 % des femmes ayant présenté une rupture prématurée des membranes. L'incidence des endométrites du post-partum est chiffrée entre 5 et 85 % des césariennes. La morbidité maternelle secondaire est élevée. Au total, la mortalité maternelle liée à l'infection est évaluée entre 1 et 5 pour 100 000 accouchements. En réanimation, les complications de la grossesse et du post-partum justifient 0,3 à 2,3 % des admissions. Les causes spécifiquement infectieuses en représentent 9 à 28 %, soit de 0,06 à 0,48 %. La mortalité globale varie de 0 à 20 % et la mortalité des malades admises pour sepsis varie de 0 à 22 %. Globalement, la mortalité obstétricale d'origine infectieuse est faible comparée à la mortalité liée aux complications de la dysgravidie et à la mortalité usuelle des états septiques graves de la population générale. La gravidité pourrait provoquer un état de stimulation basal des défenses non spécifiques rendant plus facile le déclenchement d'un syndrome inflammatoire systémique au cours d'une infection. Les perturbations de l'hémostase représentent un des mécanismes principaux d'aggravation potentielle de l'agression septique. Enfin les modifications circulatoires, respiratoires et endocriniennes mettent la femme enceinte dans des conditions proches de celles de l'adaptation à l'effort et pourraient la placer dans des conditions d'inadaptation relative à l'agression septique, voire induire une dette en oxygène précoce. En revanche, l'imprégnation oestrogénique pourrait permettre une dette en oxygène précoce. En revanche, l'imprégnation oestrogénique pourrait permettre une meilleure résistance du système vasculaire à l'agression septique.

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