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Faut-il encore faire des transfusions autologues différées programmées ?

Authors
Publisher
Elsevier SAS
Publication Date
Volume
23
Issue
5
Identifiers
DOI: 10.1016/j.annfar.2004.01.009
Keywords
  • Transfusion Autologue Programmée
  • Sécurité Transfusionnelle
  • Hémovigilance
  • Preoperative Autologous Blood Donation
  • Transfusion
Disciplines
  • Economics
  • Medicine

Abstract

Résumé La transfusion autologue différée programmée (TAP) a deux objectifs : la sécurité et l’épargne de sang homologue. Depuis ses premières utilisations, les conditions de réalisation et les critères qui ont amené à proposer cette méthode ont changé. L’expérience acquise, les données nouvelles sur le risque transfusionnel et l’amélioration des techniques anesthésiques et chirurgicales incitent donc à en évaluer l’intérêt réel. La première justification de l’utilisation de la TAP est l’élimination du risque d’infection transfusionnelle par agents transmissibles, viraux : agents des hépatites, VIH ou virus émergeants. Le risque résiduel actuel, réduit par la sélection des donneurs, la déleucocytation et l’introduction du dépistage génomique viral en qualification des dons justifie difficilement à lui seul la TA. En revanche, doit être pris en compte le problème du risque bactérien en transfusion, au moins égal en transfusion homologue et autologue. La réduction attendue du risque immunohématologique de la transfusion n’est peut-être pas non plus un critère majeur de décision. L’épargne de sang homologue réalisée par la TAP est un argument important, retrouvé dans plusieurs études. Une méta-analyse montre une réduction de l’exposition au sang homologue (TH) chez les patients ayant suivi un protocole de TAP (OR = 0,17). Ceci doit être mis en balance avec l’augmentation du risque d’exposition à la transfusion (TH + TAP) retrouvée chez les patients en TAP (OR : 3,31). La réduction des transfusions homologues peut, elle-même, être remise en question par l’analyse des critères de prescription qui seraient différents selon que le patient a effectué ou non un don autologue préopératoire. Une étude contrôlée récente effectuée en orthopédie ne retrouve d’ailleurs pas cette réduction de l’exposition à la transfusion homologue. Enfin, les études économiques semblent montrer un surcoût lié en partie au taux de non-utilisation des produits prélevés autologues. En conclusion, la TAP est actuellement une thérapeutique insuffisamment évaluée et dont l’intérêt réel reste à démontrer.

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