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Le "big bang" a commencé

Authors
Journal
Politiques et management public
0758-1726
Publisher
Lavoisier SAS
Publication Date
Volume
20
Issue
1
Identifiers
DOI: 10.3406/pomap.2002.2711
Disciplines
  • Economics
  • Political Science

Abstract

Même si les facteurs de blocage sont très forts, les raisons de réformer l'Etat ne le sont pas moins. Le premier (et peut-être le plus important) des facteurs de blocage vient de l'opacité de la situation objective et des performances des acteurs publics, confortée par l'absence de tradition de transparence et de contrepoids démocratiques dans un pays (« exceptionnel ? ») dont le Parlement a été écarté de la gestion publique pendant des décennies. On peut dire que les mécanismes de régulation ont été désactivés par l'ordonnance de janvier 1959 et par la Constitution de la Vème République. Ils reposaient sur un modèle archaïque visant plus la stabilité que le mouvement et la rénovation. La relative inertie de l'Etat jouerait le rôle d'amortisseur vis à vis des transformations jugées trop rapides de notre économie. En fait, le vrai problème n'est pas du côté de la demande sociale, dont on sait qu'elle est infinie, mais du côté de la ressource qui devient beaucoup plus incertaine compte tenu des transfonvations en profondeur de la structure de notre économie. En conséquence, les paris sur la ressource deviennent hasardeux, car l'« économie fondante » est aujourd'hui confrontée au roc de l'économie publique. N'étant pas censé être perfectible, l'Etat français n'a pas la notion d'un « vecteur de progrès » contrairement à tous les acteurs économiques ou étatiques (sous d'autres deux) qui sont soumis à la pression quotidienne de clients et de contribuables qui en veulent toujours plus pour moins d'argent. En fait, la France semble installée dans une dynamique de sédimentation des charges et des engagements dans l'opacité qui ne permet pas de mettre au jour les effets pervers des mécanismes autobloquants qui empêchent toute évolution significative, tant dans le fonctionnement de l'Etat que dans la masse des « acquis » qu'il laisse s'accumuler de façon plus ou moins subreptice dans son passif financier (direct ou indirect).

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