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Hypersensibilité à la dacarbazine chez les malades traités pour mélanome métastatique

Authors
Journal
Annales de Dermatologie et de Vénéréologie
0151-9638
Publisher
Elsevier
Publication Date
Volume
133
Issue
2
Identifiers
DOI: 10.1016/s0151-9638(06)70868-7
Disciplines
  • Biology
  • Medicine

Abstract

Résumé Introduction La dacarbazine (DTIC), chimiothérapie de référence dans le mélanome métastatique sans localisation cérébrale, est habituellement bien tolérée. L’effet secondaire le plus sévère, décrit dans la littérature, est le syndrome d’hypersensibilité, avec atteinte hépatique pouvant conduire au décès du malade. Malades et méthodes Il s’agissait d’une étude rétrospective de la prévalence des manifestations d’hypersensibilité parmi les malades traités par DTIC pour un mélanome métastatique entre le 01/11/2002 au 31/10/2003. Le diagnostic d’hypersensibilité était posé devant l’apparition au décours d’une cure d’une fièvre associée à une hyperéosinophilie (> 500/mm 3), avec ou sans perturbations du bilan hépatique (enzymes hépatiques supérieures à deux fois le taux préthérapeutique). Les caractéristiques cliniques des manifestations d’hypersensibilité, les modalités d’administration du DTIC, le nombre de cures et la tolérance clinique et biologique ont été étudiés. Résultats Vingt malades ont été traités par DTIC dont 11 femmes et 9 hommes, d’âge moyen 58,6 ans (22-82 ans). Les métastases étaient multiples chez tous les malades. Le DTIC a été administré en première intention chez 19 malades, en 4 jours chez 10 malades et en une journée chez les 10 autres, selon leur état général. Cinq malades ont eu des manifestations d’hypersensibilité et dans tous ces cas le DTIC avait été administré sur 4 jours. Pour 3 malades, cette hypersensibilité s’est manifestée par une fièvre et une hyperéosinophilie avec un bilan hépatique normal, à J3 de la deuxième cure. Pour 2 patients, le traitement a été arrêté pour inefficacité après ces 2 cures. Pour le troisième, 4 cures ont été réalisées avec une récidive des symptômes, qui ont été contrôlés lors de la cinquième cure par corticoïdes et antihistaminiques, administrés 15 minutes avant le début du traitement. Deux malades ont eu une atteinte majeure (mettant en jeu le pronostic vital) avec fièvre, hyperéosinophilie, atteinte hépatique (cytolyse et cholestase), puis aplasie médullaire retardée, dès la première cure pour l’un et à la deuxième pour l’autre. Un myélogramme a été réalisé chez un malade mettant en évidence un blocage médullaire au stade de promyélocytes en faveur d’une étiologie iatrogène. Le traitement par DTIC a été arrêté. L’ensemble des manifestations a régressé sous traitement symptomatique. Discussion Les manifestations d’hypersensibilité au cours du traitement par DTIC ne semblent pas rares puisqu’elles ont été observées chez 20 % de nos malades. Leur apparition semble indépendante de la dose journalière et précoce (au cours des deux premières cures). Pour la première fois, nous décrivons 2 cas d’aplasie médullaire, associés à une hypersensibilité. La toxicité hématologique du DTIC décrite dans les études de phase I de la littérature est modérée, n’atteignant que très rarement les hématies, et volontiers observée pour des doses supérieures à celle utilisée dans le mélanome métastatique. Les données du myélogramme, l’existence d’une anémie et l’évolution de cette aplasie parallèlement aux autres signes d’hypersensibilité nous incitent à l’intégrer dans ce syndrome. Conclusion La surveillance biologique intercure (numération formule sanguine et examens biologiques hépatiques) est donc justifiée, particulièrement après les deux premières cures de DTIC. Devant une fièvre avec hyperéosinophilie isolée, le traitement peut être poursuivi, associé à un traitement symptomatique. En revanche, en cas d’atteinte hépatique, le traitement doit impérativement être arrêté devant le risque de complications majeures avec mise en jeu du pronostic vital.

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