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CO.16 Peut-on identifier des marqueurs cliniques prédictifs de la neurotoxicité à l’oxaliplatine ? Etude prospective longitudinale utilisant une évaluation quantitative des troubles sensitifs

Authors
Journal
Gastroentérologie Clinique et Biologique
0399-8320
Publisher
Elsevier
Publication Date
Volume
33
Issue
3
Identifiers
DOI: 10.1016/s0399-8320(09)72611-9
Disciplines
  • Physics

Abstract

Objectif Identifier les signes cliniques précoces de toxicité neurologique à l’oxaliplatine, et détecter les signes prédictifs d’une neuropathie chronique, par comparaison au cisplatine. Patients et Méthodes Quarante-huit patients ont été évalués prospectivement avant de recevoir l’oxaliplatine (LOHP) (n = 28) essentiellement pour un cancer colorectal ou le cisplatine (n = 20) essentiellement pour un cancer du pancréas, puis réévalués après 3, 6 et 9 cycles. Dix huit patients ont été réexaminés un an après le traitement par LOHP. L’évaluation a inclus des méthodes quantitatives de mesure de la sensibilité et de la douleur (seuils de détection et de douleur au chaud et au froid au moyen d’un thermotest, seuils de détection et de douleur mécanique, seuils vibratoires, douleur en réponse à des stimulations supra-liminaires) ainsi qu’une évaluation quantifiée des symptôms douloureux et non douloureux par des outils validés. Résultats Quatre vingt seize pour cent des patients ont eu des symptômes de neurotoxicité aiguë au LOHP (dysesthésies au froid) dans les 3 premiers cycles et les symptôms subjectifs de neurotoxicité au LOHP étaient réversibles entre deux cycles jusqu’à C6. L’évaluation thermique quantifiée a identifié des signes de neurotoxicité permanents et irréversibles entre deux cycles dès C3 caractérisés par une augmentation de la douleur en réponse à des stimulations supraliminaires froides (5-25 °C) (F = 11,4 ; p = 0,0002 par rapport au groupe recevant la cisplatine) et chaudes (38-48 °C) (F = 4,1 ; p = 0,049) appliquées sur la main. Au bout d’un an, 2/3 des patients présentaient des signes cliniques de neuropathie chronique (22 % avaient une neuropathie de grade 3 CTC). L’augmentation de la douleur en réponse à une stimulation supra-liminaire froide (20 °C) sur la main était particulièrement prédictive de neuropathie chronique sévère ( Odds ratio : 39, IC 95 % : 1,8-817,8 p = 0,02). Conclusion Cette étude a permis d’identifier des marqueurs précoces de sévérité de la neurotoxicité au LOHP, sous forme d’une réponse anormale à des stimulations thermiques quantifiées, et montré que ces réponses étaient prédictives d’une neuropathie chronique sévère. Ces marqueurs pourraient permettre d’arrêter l’administration de LOHP avant la survenue de dysesthésies permanentes pour diminuer le risque de neuropathie chronique. Seule une étude prospective multicentrique permettra de valider ces marqueurs.

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