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Réseau trophique de l'anse de l'Aiguillon : dynamique et structure spatiale de la macrofaune et des limicoles hivernants

Authors
Publisher
Université de la Rochelle
Publication Date
Keywords
  • Carrying Capacity
  • Inverse Analysis
  • Spatio Temporal Patterns
  • Food Web
  • Isotope
  • Waders
  • Molluscs Bivalves
  • Aiguillon Cove
  • Capacité D'Accueil
  • Analyse Inverse
  • Dynamique Des Populations
  • Structure Spatiale
  • Réseau Trophique
  • Limicoles
  • Bivalves
  • Mollusques
  • Anse De L'Aiguillon

Abstract

L'anse de l'Aiguillon, mise en Réserves Naturelles en 1996 et 1999 pour son importance internationale pour l'accueil des oiseaux d'eau, est une baie macrotidale dont les peuplements benthiques étaient jusqu'à présent peu étudiés. Afin de comprendre la structure spatiale et la dynamique des principaux compartiments de son réseau trophique, deux cartographies au moment du départ (mars) et de l'arrivée (octobre) des limicoles, ainsi qu'un suivi mensuel en trois stations de la haute slikke ont été réalisés. L'homogénéité spatiale et temporelle de la granulométrie des sédiments et la forte saisonnalité de la salinité de l'eau interstitielle ont été mises en évidence. La diversité des mollusques est faible en moyenne, mais plus élevée sur la basse slikke et le chenal de Marans. La régularité est très faible sur la haute slikke où dominent Hydrobia ulvae en abondance et Scrobicularia plana en biomasse. Différents faciès du peuplement à Macoma balthica se distinguent selon l'hypsométrie, le diamètre moyen des sédiments et la salinité. Le stock total de mollusques dépasse 11 000 tonnes de masse fraîche avec coquille pour les 37,45 km² de l'anse. La biomasse sèche sans cendres disponible atteint 367 tonnes en mars et 331 tonnes en octobre, dont 62 à 83 % de S. plana. La biomasse sèche sans cendres ingestible et profitable aux limicoles à bec court atteint 48 tonnes en mars et 105 tonnes en octobre. 27 % des biomasses en bivalves sont accessibles aux limicoles à bec court et 97 % à ceux à bec long. Les bivalves longévifs, S. plana et M. balthica ont un temps de renouvellement de 1 à 5 ans, tandis qu'Abra tenuis renouvelle ses populations en 5 mois. Les recrutements, étalés sur l'année pour S. plana et sur le printemps pour M. balthica et A. tenuis, sont marqués par de fortes éliminations en partie liées à la prédation par les limicoles. Ceux-ci atteignent 41 000 individus en hivernage sur l'anse de l'Aiguillon, dont 57 % de Bécasseaux variables, qui, avec les Barges à queue noire, les Bécasseaux maubèches et les Avocettes élégantes, ont des effectifs très supérieurs au seuil d'importance internationale. La phénologie de leurs migrations est complexe avec des passages successifs ou simultanés de différentes sous-espèces. La répartition spatiale à marée basse de ces 4 espèces est significativement corrélée au diamètre moyen des sédiments et à la salinité de l'eau interstitielle du fait de l'activité alimentaire préférentielle le long des chenaux. Elle montre une variabilité saisonnière et interannuelle élevée, ainsi qu'un recouvrement de niches entre les Avocettes et les Barges et entre les Bécasseaux variables et toutes les autres espèces. La consommation totale des oiseaux benthivores est estimée entre 150 et 799 tonnes par an, dont 30 % par les Tadornes de Belon, 43 % par les limicoles à bec court et 27 % par les limicoles à bec moyen à long. Pour soutenir cette consommation, les mollusques doivent produire 2 à 13 g.m-².an-1, ce qui est inférieur à la production estimée cumulée des bivalves (4 à 27 g.m-².an-1). En outre, le régime alimentaire des limicoles est très diversifié. La capacité d'accueil du site n'est donc pas atteinte en terme de ressource en mollusques. Par une analyse isotopique des plumes (tectrices et rectrices) et du sang des limicoles, leur régime principalement benthivore a été confirmé à la fois pendant l'hivernage et pendant la mue. La forte variabilité inter-individuelle du δ13C et du δ15N des différentes espèces de limicoles traduit des stratégies alimentaires plus individuelles que spécifiques avec une préférence plus ou moins marquée pour les adultes polychètes ou bivalves, dont les chairs sont plus enrichies en 15N que celles des juvéniles. L'estimation, par analyse inverse, des flux saisonniers de carbone sur 1 m² moyen de vasière intertidale a révélé une activité détritique dominante au sein du réseau trophique bentho-pélagique. Les flux sont sensibles à la remise en suspension du microphytobenthos ou des détritus et à la productivité des bivalves. L'activité des limicoles est faible, contrairement à celle des poissons, et ne semble pas limitée par les biomasses en macrofaune. Enfin, les indices d'analyse de réseau ont montré un système peu complexe, peu mâture, très productif et exportateur net de qualité.

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