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Enjeux spatiaux liés au déploiement de l'aménagement écosystémique en forêt boréale

Authors
Publication Date
Disciplines
  • Biology
  • Ecology
  • Economics

Abstract

Avec l'ère industrielle, les coupes forestières remplacent dans bien des secteurs les feux de forêts comme agent dynamisant le paysage. Comme la configuration et l'abondance de certains types d'habitats des paysages aménagés s'écartent de plus en plus des paysages non-aménagés ou pré-industriels, la communauté scientifique se questionne sur la capacité de résilience de ces paysages et sur le maintien de la biodiversité à long terme. L'aménagement écosystémique des forêts est proposé comme un outil qui permettrait de réconcilier l'aménagement forestier et la sauvegarde des processus assurant la résilience des écosystèmes. S'inspirant des régimes de perturbations naturelles et de la dynamique des peuplements, les approches proposées n'avancent pas toujours de règles claires de déploiement spatial et ne présentent pas toujours une évaluation juste de leur performance à maintenir une configuration des paysages à l'intérieur ou proche de la variabilité historique. De plus, puisque les paysages actuels ont déjà été affectés par la coupe forestière ou la colonisation, ou encore sont sujet à des variations du régime de perturbation par le feu à cause du climat, il est difficile de déterminer un paysage de référence pour mesurer l'état actuel de nos paysages. Dans ce contexte, cette thèse poursuit à l'aide de modèles spatialement explicites trois grands objectifs : 1) établir des lignes directrices quant au déploiement spatial des coupes dans un aménagement écosystémique, 2) établir une plage de variabilité historique à l'intérieur de laquelle on souhaite maintenir la configuration des paysages sur la base des régimes de perturbations passés, actuel et futurs et en tenant compte de la susceptibilité à l'entourbement des peuplements, et enfin 3) comparer le déploiement spatial de scénarios d'aménagement écosystémique à des scénarios plus conventionnels afin d'évaluer l'influence de la répartition des coupes, du niveau de récolte et du type d'invention sur la performance des scénarios à maintenir le paysage à l'intérieur ou proche de la variabilité historique. Un premier modèle neutre basé sur l'âge des peuplements et leur rajeunissement par le feu a permis pour différents régimes de feux d'établir des lignes directrices quant à la quantité de territoire qui devrait être affecté par un régime de coupe équien, une distribution de taille des aires en régénération (moins de 25 ans) et une distance minimale moyenne qu'on devrait respecter entre ces aires en régénération. Par la suite, une quantification de la dynamique forestière proposée pour la région à l'étude, a permis d'évaluer la susceptibilité des différents dépôts de surface à l'entourbement. Cette dynamique fut incluse sous forme de chaine semi-Markovienne dans un modèle spatialement explicite permettant l'évolution des couverts forestiers dans le temps et l'espace. Sur la base de ce modèle, la variabilité historique de la configuration des paysages et l'abondance des différents types de forêts rencontrés dans le paysage a été évaluée considérant les régimes de feux documentés pour la région ainsi que les prévisions de changements climatiques. Enfin, un sous-modèle de coupe a été greffé à ce modèle de feux afin d'évaluer la performance de différents régimes de coupes à maintenir le paysage à l'intérieur de la variabilité historique. Par ces études, on observe que sous les régimes de feux passés les paysages historiques n'ont vraisemblablement jamais présenté moins de 30 % de forêt de plus de 100 ans et que les coupes totales devraient majoritairement être agglomérées en grands secteurs de plus de 2 000 ha distant d'au moins 3 à 6 km. On observe aussi que les argiles remaniées du nord du territoire à l'étude sont plus susceptibles à l'entourbement et on y observe une convergence plus rapide des peuplements vers des peuplements ouverts d'épinettes noires par rapport aux autres dépôts. On observe que l'étendue potentielle de la variabilité historique est influencée par la fréquence, la taille et la sévérité des feux. Enfin, on observe par la comparaison des différents régimes de coupes que le niveau de récolte et les contraintes de tailles et d'adjacence sont les principaux facteurs qui influencent la configuration des paysages aménagés. En conclusion, on suggère que des scénarios d'aménagement écosystémique qui présenteraient une certaine proportion d'intervention en coupe partielle et des niveaux de coupes totales près des niveaux historiques de prélèvement par le feu seraient de bons compromis d'aménagement face aux enjeux écologiques et économiques.

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