Affordable Access

Une étude comparative sur le théâtre de la cruauté et le 'Kut' coréen

Authors
Publisher
한국연극학회
Publication Date
Keywords
  • 아르토
  • Artaud
  • 잔혹극
  • Le Théâtre De La Cruauté
  • 굿
  • Kut
Disciplines
  • Communication
  • Literature
  • Medicine
  • Psychology

Abstract

"Toute vraie culture s'appuie sur les moyens barbares et primitifs du totémisme, dont je veux adorer la vie sauvage, c'est-à-dire entièrement spontanée.(...) et le vrai théâtre naît, comme la poésie d'ailleurs, mais par d'autres voies, d'une anarchie qui s'organise, après des luttes philosophiques qui sont le côté passionnant de ces primitives unifications." Cette déclaration d'Antonin Artaud s'explique par une crise spirituelle liée au développement d'une civilisation rationaliste et matérialiste et à la psychologie qui a détruit l'unité intérieure de l'esprit en morcelant le Moi. Quant au théâtre hérité de la tradition occidentale, Artaud l'a également dénoncé d'être devenu un lieu de mimésis des apparences en négligeant la force magique et l'efficacité symbolique qui sont, pour lui, l'essence même du théâtre. D'où vient son désir de retourner aux sources primitives occidentales aussi bien qu’orientales pour retrouver la vie dans sa totalité en guérissant la pensée séparatrice, et pour acquérir une non-séparation de l'efficacité de la parole et de l'action donnant accès à des puissances invisibles et permettant d'agir sur elles. Si bien que le théâtre de la cruauté repose à la fois sur l'ésotérisme et les rites primitifs occidentaux, le Kabbalisme, l'alchimie et sur la philosophie orientale et le théâtre balinais. Le 'Kut(굿)", composé de rite chamaniste et de jeu, est une forme théâtrale héritée de la tradition coréenne. Il tient son origine du Mythe de Dangoune(檀君神話) et du rite du Ciel(祭天儀式) à l'époque du royaume Gogeocheonn en Corée ancien. Le ‘Kut' dont les sources remontent au chamanisme en Asie, est aussi influencé par le bouddhisme et par le confucianisme. Dans le 'Kut', rite chamaniste des peuples des origines à nos jours, on peut trouver facilement des idées cosmiques, l'union du sensible et du spirituel et la croyance en forces surnaturelles. En réfléchissant les caractères de leur imagination basée sur le primitivisme, on pourrait considérer le théâtre de la cruauté et le Kut comme théâtre chamaniste. Nous nous proposons donc d'examiner d'abord, la structure spatio-temporelle, le rôle de l'acteur-chaman, et le langage scénique (y compris l'objet) pour montrer leur fonctionnement, ensuite, la communication théâtrale de ces deux formes de théâtre, et enfin leur vision du monde. Par la référence aux ésotérismes et aux rites primitifs, Artaud préfère l'espace mythico-rituel et le temps fondateur en tant que champs de Chaos parce qu'il considère le vrai théâtre comme un événement de la deuxième genèse. Dans le Kut, le temps et l'espace mythico-rituels sont un donné chez les croyants et chez les spectateurs. Mais ce qui nous intéresse, c'est qu'ils confluent avec le temps et le lieu de la vie quotidienne. Artaud a beaucoup insisté que l'acteur, étant le carrefour des énergies du corps et du monde, doit être véritable hiéroglyphe animé en même temps que porteur de feu. Le comédien dans théâtre de la cruauté et le chaman(Moudang) s'effectuent le même rôle; le médiateur entre les divins(ou les surnaturels) et les hommes, le guérisseur, enfin l'acteur du jeu. Seule différence entre eux, c'est l'extase; extase poétique chez le comédien par rapport à la possession chez le chaman. Quant au langage scénique, Artaud propose des gestes, la danse, le chant, la parole proférée ou chantée, le langage audio-visuel. Il souligne surtout le jeu infini des analogies du langage ou du corps. Or, le Kut est composé justement de ces langages, parce que les éléments principaux du rite, ce sont la danse, l'incarnation, et le chant en s'appuyant leur efficacité magique et symbolique. Si bien qu'entre le théâtre de la cruauté et le Kut, il y quelques affinités au niveau du langage théâtral. A traves ces langages, les deux formes de théâtre envisagent l'interaction et la contagion entre la scène et le spectateur. De là le caractère principal de la communication théâtrale du théâtre de la cruauté et le Kut. Artaud a voulu que le théâtre de la cruauté, comme un rite primitif, puisse renouer la rupture entre les hommes et les forces surnaturelles, retrouver la vraie vie vitale, et guérir la crise spirituelle plus que la maladie physique. Le Kut en tant qu'une croyance chamaniste effectue depuis longtemps déjà, la même fonction chez le peuple coréen. Le théâtre de la cruauté a proclamé son ambition de restaurer l'unité entre les formes et les pensées, entre le visible et l'invisible, enfin entre l'Homme et l'Univers, bref une vision synthétique du monde. Ainsi, il est devenu un champ de création de la réalité poétique, les principes opposés de l'univers s'y confrontant en confusion. Tandis que dans le Kut, ce qui est compte, c'est la vie quotidienne, la prospérité de la communauté, et l'harmonie entre l'homme et le surnaturel. Pourtant, le Kut le réalise avec l'humour noir et le jeu ludique tout en faisant les spectateurs rire et distraire. Ce phénomène proviendrait de la différence culturelle entre les deux pays. On pourrait quand même remarquer qu'une partie considérable de la conception d'art théâtral qu'Artaud a proposée se pratique dans le Kut avec tant de spontanéité.

There are no comments yet on this publication. Be the first to share your thoughts.