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Mémoire, tradition, symbole et archéologie impériale. Évolution de l'archéologie des tertres protohistoriques, de la Restauration impériale à la fin des années 1930

Authors
Journal
Ebisu
1340-3656
Publisher
PERSEE Program
Publication Date
Volume
32
Issue
1
Identifiers
DOI: 10.3406/ebisu.2004.1377
Disciplines
  • Archaeology

Abstract

Durant l'époque d'Edo, les tertres funéraires du me au vne siècle ont d'abord été l'enjeu d'un devoir de mémoire envers des souverains — des « empereurs » - du passé oubliés ailleurs que dans les textes classiques, puis ont été intégrés au sein d'une problématique consistant à « redonner » une place très concrète à la figure impériale dans la seconde moitié du xixe siècle. L'intérêt pour ces vestiges du « passé national » de l'archipel a contribué, du xvne au xixe siècle, à rendre propice le contexte japonais de Meiji à l'implantation d'une archéologie académique. Au lendemain de la Restauration de Meiji, dans un pays en pleine construction nationale, quel sort allait être celui de l'archéologie de ces tertres auxquels les autorités liaient déjà la figure et la tradition impériales ? Débats autour des fouilles archéologiques à Osaka, 1917-1920 L'anthropologie et l'archéologie modernes apparaissent au Japon à la fin du XIXe siècle, dans le cadre de la modernisation de l'Etat. Centré sur l'Université impériale de Tokyo et sur le Muséum impérial, ce champ du savoir scientifique pense le peuplement japonais comme le résultat de la conquête de l'archipel, les Japonais ayant repoussé les Aïnous au nord, mettant ainsi fin à la Préhistoire. Suite à la création, en 1916, d'une chaire d'archéologie à la nouvelle Université impériale de Kyoto, un nouveau groupe de chercheurs, autour de Hamada Kôsaku, va estimer, inversement, que le peuplement japonais possède quelque continuité avec celui de la Préhistoire, imaginant une « Préhistoire japonaise » de l'archipel. Ce nouveau groupe d'archéologues et d'anthropologues rallie à lui les chercheurs de province, tels ceux de l'Université impériale du Tôhoku, pour se dresser contre le monde académique de la capitale au sujet de l'interprétation des fouilles du site de Ko, dans la banlieue d'Osaka, réalisées en 1917 et en 1919. L'« École de Kyoto » tente de repenser le paradigme admis de l'alternance des peuples sur l'archipel, pour y substituer une interprétation en continuité du peuplement. Ce nouveau discours ne bénéficie alors que d'échos restreints, tandis que le monde académique dominant soutient les thèses annexionnistes de la filiation commune nippo-coréenne, selon lesquelles les Japonais viendraient du continent.

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