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Fanatisme et société civile. « L'ordre politique » chez Spinoza

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Publisher
PERSEE
Publication Date
Disciplines
  • Political Science

Abstract

La naissance de la science politique moderne peut s'inscrire dans une généalogie de la société civile. La formule qui vient de la Politique d'Aristote (societas civilis traduit koinonia politike) est reprise par les luthériens, spécialement par Melanchthon. Contre ceux qu'ils dénoncent sous le nom de «fanatiques» (essentiellement les anabaptistes) les luthériens affirment la légitimité d'un écart entre cité de Dieu et cité terrestre qui fonde l'autonomie du pouvoir politique. Spinoza s'inscrit dans cet horizon et illustre bien la modernité politique. Proposant une interprétation philologique de l'Écriture, rejetant la prétention des prophètes ou l'hypothèse d'un peuple élu, il énonce les règles d'un «ordo politicus» qui assure le primat du salut de la patrie mais qui veut fonder la liberté de chacun. La société civile, justement parce que les hommes sont en Dieu, n'a pas à être soumise à une Église mais elle repose sur la liberté de conscience.

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