Le yoga, une activité saine depuis plus de 5000 ans

En France, près de 2,5 millions de personnes pratiquent le yoga. Pour leur santé, la détente, une activité plein air, les raisons de cette pratique sont nombreuses. Des études témoignent de l’intérêt physiologique et psychologique d’une telle activité.

Quel est le point commun entre une chaise, une montagne et un guerrier ? Si vous êtes adepte de méditation, vous aurez reconnu différentes postures de yoga. Silence, concentration et élévation spirituelle, le yoga est synonyme de bien-être, mais pas seulement. Il est aussi reconnu pour ses vertus thérapeutiques, et permet d’établir une relation entre le corps et l’esprit. C’est un moyen souvent utilisé pour lutter contre le stress, autant de manière individuelle que par les médecins, qui peuvent proposer des séances de yoga lorsque des thérapies plus conventionnelles ne fonctionnent pas. Mais le yoga est-il réellement efficace en médecine ?

 

Une étude parue dans Journal of Clinical Neuroscience a tenté de répondre à cette question. Les Dr. Mooventhan et Nivethitha du Department of Research and Development, S-VYASA University en Inde ont analysé des publications portant sur le yoga. En faisant un tri entre articles scientifiques et non scientifiques en ciblant des termes comme “essais contrôlés randomisés”, elles ont cherché si la méthode scientifique permettait d’affirmer l’intérêt du yoga en médecine. Elles ont rapporté leurs résultats au travers de leur publication “

Evidence based effects of yoga in neurological disorders”.

 

Les AVC, la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques sont des maladies très répandues dans le monde. Toutes les trois entraînent de nombreux effets difficilement gérables dans la vie quotidienne : fatigue, douleurs, troubles de l’équilibre, dépression, anxiété, etc. Il n’existe à ce jour aucun traitement pour arrêter efficacement ces maladies, et les effets secondaires des médicaments qui peuvent les ralentir peuvent être nombreux. 

 

Dans les études, le yoga semble avoir un réel impact positif. Il semble soulager physiquement et mentalement les patients en réduisant la fatigue, l’anxiété et la dépression, et en améliorant la conscience du corps, l’équilibre, la souplesse, la force musculaire. Il permettrait aussi de diminuer l’incontinence, qui apparaît parfois dans les cas de sclérose en plaques.



En Turquie, le yoga est souvent utilisé en plus des traitements standards dans les cas de migraines.

Dr. Mooventhan & Nivethitha



Le yoga a aussi un intérêt chez les patients atteints de crises d’épilepsie. Les médicaments qui permettent de contrôler ces crises ont de nombreux effets secondaires, c’est pourquoi les traitements qui permettent de réduire leur nombre sont intéressants. 44% des patients atteints d’épilepsie utilisent une forme de médecine alternative, et la pratique du yoga semble réduire le nombre de crises perçues et améliore ainsi la qualité de vie des patients. Enfin, dans les cas d’Alzheimer ou de démence, le yoga peut s’avérer utile dans la gestion du stress généré par ces maladies, à la fois pour les malades et l’entourage. 

 

Attention cependant à quelques effets indésirables. Chez des personnes malades, parfois fragiles physiquement, des positions et une pratique trop soutenue du yoga peuvent s’avérer néfastes. Quelques problèmes de vue, des occlusions ou des lésions peuvent être causées par des postures inhabituelles ou des positions trop difficiles. 

 

En un mot, le yoga a fait ses preuves dans l’amélioration de la qualité de vie. Il ne remplace en aucun cas les traitements conventionnels, mais est un ajout efficace pour diminuer certains symptômes. Ainsi, même si le yoga n’est pas LA réponse aux maladies, car il ne permet pas de soigner durablement les patients, il a tout de même une grande utilité, dans la gestion du stress, de l’anxiété. Ne vous en privez pas, faites du yoga !




Références :

Mooventhan, A., and L. Nivethitha. "Evidence based effects of yoga in neurological disorders." Journal of Clinical Neuroscience 43 (2017): 61-67.