Pratique de l’automédication chez les étudiants en médecine

L’automédication évolue avec les connaissances des étudiants

L’automédication est une pratique très répandue chez les étudiants et particulièrement ceux des filières médicales. Plusieurs études se sont intéressées à l’utilisation de cette pratique chez les médecins et les étudiants en médecine. La dernière en date publiée par des chercheurs indiens montre une claire évolution de son utilisation en fonction de l’augmentation de leurs connaissances.

L’automédication est une pratique très répandue chez les étudiants et particulièrement ceux des filières médicales. Plusieurs études se sont intéressées à l’utilisation de cette pratique chez les médecins et les étudiants en médecine. La dernière en date publiée par des chercheurs indiens montre une claire évolution de son utilisation en fonction de l’augmentation de leurs connaissances.

Cet article existe aussi en anglais « Self-medication among medical students ». Il a été traduit du français vers l’anglais par Timothée Froelich.

 

Crédits Images : MyScienceWork

 

L’automédication est la prise de médicaments sans avis médical. Elle accompagne un autodiagnostic réalisé en fonction de ses impressions personnelles, d’informations trouvées sur internet ou auprès d’un pharmacien. C’est une pratique universelle dont les dangers sont parfois sous-estimés à cause d’une mauvaise connaissance des molécules, des interactions possibles entre plusieurs médicaments ou d’un mauvais diagnostic. L’automédication est particulièrement répandue chez les étudiants en médecine et une étude récente montre comment cette pratique évolue au cours des années de leur formation.

L’automédication est particulièrement répandue chez les médecins

Plusieurs études ont déjà montré que les médecins avaient souvent recours à l’automédication. 53 % d’entre eux dans l’état de Karnataka en Inde reconnaissent par exemple utiliser des antibiotiques selon leur seule appréciation.

L’automédication est d’ailleurs déjà très pratiquée par les étudiants en médecine qui ont facilement accès aux médicaments et qui disposent d’informations via leurs manuels ou leurs aînés. Varsha J. Patel et al., des chercheurs indiens, ont voulu en savoir plus en s’intéressant à l’évolution de cette pratique en fonction du degré de connaissances des étudiants. Des questionnaires ont été distribués aux étudiants du Smt. NHL Municipal Medical College d’Ahmedabad entre mars et mai 2010. Les réponses ont été analysées en fonction de l’année d’étude des répondants (première année, deuxième, 1ère et 2ème partie de la troisième année et internat). Les résultats ont été publiés dans l’International Journal of Basic & Clinical Pharmacology [article disponible sur MyScienceWork].

L’automédication évolue avec le niveau de connaissances

Ces scientifiques ont observé que 82 % des étudiants interrogés avaient eu recours à l’automédication au cours des douze derniers mois. Ce niveau particulièrement élevé est principalement dû à la disponibilité des différents types de médicaments, y compris les narcotiques. Les autres raisons invoquées sont le gain de temps, la facilité, le soulagement rapide et l’économie réalisée grâce à cette pratique qui concerne le plus souvent des affections mineures (maux de tête, fièvre, toux…).

Cette étude révèle que l’utilisation de médecines alternatives (herbes, médecine ayurvédique) est rapportée surtout par les étudiants en première année qui poursuivent probablement leurs propres pratiques. Mais plus leurs connaissances augmentent, plus ils font confiance à la médecine moderne et moins ils ont recours aux médecines parallèles.

Il faut aussi noter qu’en fonction des années d’études, des symptômes plus importants comme les infections sont traités. Finalement, les étudiants se basent de plus en plus sur leurs manuels et sur des sources d’information objectives au fur et à mesure que leur connaissance des médicaments augmente.

L’automédication : un sujet qui préoccupe les milieux médicaux français

En France, une étude sur l’utilisation des médicaments génériques a révélé une pratique répandue de l’automédication variant selon les filières et particulièrement dans la filière médicale avec plus de la moitié des étudiants qui admettent y faire appel.

Durant leurs premières années à la faculté de médecine, les étudiants apprennent les pathologies, la physiologie mais pas la thérapeutique et ils ne sont donc pas spécialement mieux armés pour pratiquer une bonne automédication.

Cette pratique, loin d’être à proscrire, est à utiliser à bon escient. Il faut donc respecter quelques règles de base qui consistent à bien lire les notices et les posologies, ne pas mélanger la prise de plusieurs médicaments en même temps et ne pas suivre ce genre de traitement sur une longue durée.

 

Pour en savoir plus

Pratique de l’automédication chez les étudiants indiens : 2 articles en anglais

            Self-medication popular among medical students: AIIMS study

            Self‐Medication Patterns Among Medical Students in South India

L’automédication vue par Doctissimo

www.eurekasante.fr