Open Access et suicide d’Aaron Swartz :

les larmes de trop…

Open Access et suicide d’Aaron Swartz :

Il y a seulement un an, la page Wikipedia s'habillait de noir pour lutter contre la loi SOPA et PIPA. Cette semaine, la communauté des défenseurs de l'accès libre à la connaissance est en deuil à l'annonce du Suicide d'Aaron Swartz vendredi dernier. De nombreuses réactions ont émergé sur internet et les réseaux sociaux en faveur du mouvement open access. Les réseaux sociaux sont une caisse de résonance puissante et rapide contre des pouvoirs abusifs et cette démonstration se passe encore une fois devant nos yeux aujourd’hui. Mais il est dommage que des extrêmes tels que le suicide d'une personne ou des mesures legislatives aberrantes soient nécessaires à déclencher une réaction à large échelle…

 

Il y a seulement un an, la page Wikipedia s'habillait de noir pour lutter contre la loi SOPA et PIPA. Cette semaine, la communauté des défenseurs de l'accès libre à la connaissance est en deuil à l'annonce du suicide d'Aaron Swartz vendredi dernier. De nombreuses réactions ont émergé sur internet et les réseaux sociaux en faveur du mouvement open access. Les réseaux sociaux sont une caisse de résonance puissante et rapide contre des pouvoirs abusifs et cette démonstration se passe encore une fois devant nos yeux aujourd’hui. Mais il est dommage que des extrêmes tels que le suicide d'une personne ou des mesures legislatives aberrantes soient nécessaires à déclencher une réaction à  large échelle…

 

La mort d'Aaron Swartz, le 11 janvier 2013, a généré depuis quelques jours une onde sismique se propageant sur internet et les réseaux sociaux. Ce jeune américain de 26 ans avait été condamné en 2012 par la justice américaine. Il avait en effet utilisé illégalement le réseau du MIT pour accéder à JSTOR, une bibliothèque en ligne de publications scientifiques. Il avait téléchargé plus de 4,8 millions d’articles et de documents afin de les rendre disponibles à tous. Son procès, en juillet 2012, avait permis de mettre en lumière dans les médias les pratiques abusives de grands éditeurs scientifiques. Malgré le retrait de la plainte de JSTOR, le gouvernement américain avait maintenu les poursuites. A l’heure de son suicide, Aaron Swartz encourait une peine de 35 ans de prison (selon le New York Times) et une amende d’un million de dollars.

Depuis samedi dernier, de nombreuses personnes se sont exprimées sur internet et les réseaux sociaux pour déplorer la mort d'Aaron. Ce suicide dénonce en quelque sorte un système de cloisonnement des connaissances abusif et injuste. Des chercheurs se sont aussi exprimés sur les blogs. Les billets sur « the tree of life » ou  « Science citizen » rappellent à tous les mesures à prendre et les actions à mener pour soutenir l’« open access ». En France, Lionel Maurel dénonce, sur son blog S.I.Lex, les restrictions appliquées dans le domaine public, notamment dans le secteur culturel. Des réglementations qui se passent souvent dans la plus grande opacité.

Sur Twitter, le mouvement a pris une dimension impressionnante au travers de l’action #Pdftribute. Dès le lendemain du décès d’Aaron, sur le site Reddit, dont Aaron Schwarz était le co-créateur, les discussions font emerger l'idée d'une protestation numérique. Des chercheurs commencent alors à publier leurs articles scientifiques en ligne sur Twitter en utilisant le hashtag #pdftribute. Ce mouvement a pris de l’ampleur grâce à des chercheurs influents sur Twitter, mais aussi grâce au soutien du compte d’anonymous @yourAnonNews suivi par plus de 840 000 abonnées. Aujourd’hui, c’est plus de 30 000 tweets qui ont été générés et le mouvement ne désemplit pas… Même si ces tweets ne correspondent pas tous à un article scientifique en pdf, ils montrent le soutien à l’open access de milliers de personnes, chercheurs et autres.

open access #Pdftribute

visualisation des tweets associés au hashtag #pdftribute le 15 janvier 2013 (limitée à 1500 tweets)

 

Il y a tout juste un an aujourd’hui, avait lieu le « mercredi noir ». Une journée de « black out » de grands sites américains, notamment Wikipedia, qui protestaient contre les lois américaines anti-piratage SOPA et PIPA. Cette manifestation numérique offrait un levier majeur pour lutter contre une restriction de la liberté sur internet. Au même moment, dans le domaine de l’open access, un grand nombre de chercheurs se regroupaient pour signer une pétition contre la proposition de loi « Research Work Act » visant à restreindre la diffusion des articles scientifiques.

Ces réactions sont une démonstration en temps réel de la puissance d’internet et des réseaux sociaux. Cette démocratie internet, permet de regrouper une large communauté en peu de temps et de déclencher ou d’accélérer des actions autour d’une cause commune au point de former un véritable contre-pouvoir.

Il est regrettable que des extrêmes comme l’annonce du suicide d’un jeune homme soient nécessaires pour qu'une injustice soit ressentie et qu’un grand nombre de personnes fassent enfin entendre leurs voix !

 

Pour en savoir plus :

Historique de l’émergence de #pdftribute sur le blog Neuroconscience de Micah Allen (anglais) : http://neuroconscience.com/2013/01/13/researchers-begin-posting-article-pdfs-to-twitter-in-pdftribute-to-aaron-swartz/

Archives #pdftribute : http://pdftribute.loc-com.de/ et http://pdftribute.net/.

Suicide d'Aaron Swartz, informaticien et militant d'un Internet libre http://www.zdnet.fr/actualites/suicide-d-aaron-swartz-informaticien-et-militant-d-un-internet-libre-39786217.htm

Traduction d'un texte du blog de Aaron Swartz de 2007 : http://www.framablog.org/index.php/post/2013/01/13/rip-aaron-swartz

Les articles du blog S.I.Lex de @calimaq : http://scinfolex.wordpress.com/2013/01/12/aaron-swartz-qui-avait-defie-jstor-en-liberant-des-articles-du-domaine-public-sest-suicide/ puis http://scinfolex.wordpress.com/2013/01/14/apres-le-deces-daaron-swartz-le-site-de-gale-cengage-hacke-a-son-tour-pour-liberer-le-domaine-public/

Hommage de JSTOR à Aaron Swartz (an) : http://about.jstor.org/statement-swartz



Source photo à la une : Introspection