Open Access et bibliométrie : Comprendre ensemble les nouveaux enjeux de la publication scientifique

Une table ronde qui prouve que bibliothécaires et éditeurs peuvent se mettre d’accord

Le 7 février dernier, lors du 9ième salon du Livre d’Histoire des Sciences et des Techniques d’Ivry-sur-Seine, la municipalité et MyScienceWork organisaient un séminaire multilatéral réunissant divers acteurs de la publication scientifique. Le but : mieux comprendre les enjeux actuels de ce secteur en crise dans lequel éditeurs, chercheurs et bibliothécaires peinent de plus en plus à trouver un équilibre et un terrain d’entente. Co-organisés avec la bibliothèque universitaire Pierre et Marie Curie, les débats ont permis de confronter les points de vue des différents acteurs sur les questions du libre accès et de l’évaluation de la recherche. 

Le 7 février dernier, lors du 9ème salon du Livre d’Histoire des Sciences et des Techniques d’Ivry-sur-Seine, la municipalité et MyScienceWork organisaient un séminaire multilatéral réunissant divers acteurs de la publication scientifique. Le but : mieux comprendre les enjeux actuels de ce secteur en crise dans lequel éditeurs, chercheurs et bibliothécaires peinent de plus en plus à trouver un équilibre et un terrain d’entente. Co-organisés avec la bibliothèque universitaire Pierre et Marie Curie, les débats ont permis de confronter les points de vue des différents acteurs sur les questions du libre accès et de l’évaluation de la recherche.

 

Dans le secteur de l’édition scientifique, les intérêts des uns divergent parfois diamétralement des intérêts des autres. Bibliothèques et éditeurs ne voient pas du même œil les coûts de publication qui impliquent des tarifs prohibitifs et minent depuis plusieurs années leurs relations. Obstacles à la diffusion du savoir pour les premiers, synonymes et assurances de qualité pour les seconds, ces coûts sont-ils inévitables ?  

La table ronde « Actualité de la recherche : open access et bibliométrie, les enjeux de l’édition scientifique » a cependant prouvé qu’un accord était possible. Leurs manières d’envisager le futur ne sont pas aussi dissemblables qu’on pourrait le croire. C’est le constat rassurant de cette journée de débat. Le paysage de l’édition scientifique de demain pourrait bien trouver un équilibre nouveau dans lequel idéaux de la diffusion du savoir et contraintes économiques coexisteraient. 

Tour à tour, des intervenants de chaque bord ont pris la parole pour décrire le système actuel, discuter des enjeux d’un nouveau modèle, le libre accès et enfin, discuter des limites des méthodes actuelles d’évaluation de la recherche. Agnès Henri d’EDP Science, maison d’édition scientifique, a débuté le séminaire en exposant l’économie du système hier et aujourd’hui. 

Open Access : le futur de la publication scientifique ?

Cette première intervention a ouvert la voie à un débat sur les perspectives concrètes d’une économie basée sur le libre accès. Laurence Bianchini de MyScienceWork a ensuite montré que l’Open Access pouvait constituer une alternative non seulement éthique mais économiquement viable. Un point de vue partagé par Thomas Parisot qui représentait le portail d’édition de sciences humaines et sociales CAIRN.info, et par Frédérique Flamerie, directrice de la bibliothèque universitaire Pierre et Marie Curie.

Modèle en plein essor, l’accès libre et gratuit aux publications compte de plus en plus de défenseurs. À mesure que des éditeurs changent progressivement leur modèle pour un système de payement par l’auteur, ce modèle de diffusion s’impose comme la seule voie possible pour l’avenir de l’édition scientifique.

Remettre la diffusion du savoir au cœur des préoccupations

Un autre sujet brulant a également fait l’objet de débat lors de cette journée. La bibliométrie, méthode d’évaluation de la recherche, est de plus en plus décriée par la communauté scientifique. Trop restrictive et dépendante de l’Impact Factor des journaux, peu adaptée à certaines disciplines scientifiques, elle impose des contraintes aux chercheurs et aux éditeurs qui les détournent de leur buts premiers : la qualité et la diffusion du savoir. 

Lors de son intervention, le médecin professeur de l’Université de Lyon 1, Hervé Maisonneuve, a notamment pointé du doigt le manque de considérations éthiques de la part des chercheurs, conséquence direct de la pression dont ils sont l’objet, le fameux « Publish or Perish ». 

Des alternatives à ce système trop contraignant et trop arbitraire ont été proposées par Manuel Durand-Barthèz d’Urfist : évaluations qualitatives sur les preprints ou dans la revue même, altmetrics prenant en compte l’incidence des réseaux sociaux, ou bien le classement de Leyde et le nouveau U-Multirank. Vous pouvez consulter la présentation de M. Durand-Barthèz à cette adresse : http://fr.slideshare.net/MyScienceWork/durand-barthes-ivry

 

Si l’on devait ne retenir qu’une chose de cette rencontre, ce serait sans doute le consensus entre les divers acteurs sur la nécessité pour le monde de la publication scientifique de changer. Il fait face à des transformations profondes depuis l’avènement du support numérique et la nécessité de s’adapter est un enjeu qui concerne tous les acteurs du secteur. 

 

Le débat ne doit cependant pas se cantonner aux éditeurs, aux bibliothèques et aux chercheurs. C’est la communauté scientifique tout entière qui doit se mobiliser. La diffusion du savoir est un enjeu aux implications publiques et politiques. Des discussions qui restent encore trop souvent limités à un petit cercle d’initiés. Communauté scientifique, curieux de la diffusion du savoir, emparez-vous du sujet de la diffusion des savoirs ! Postez-vos commentaires, participez au débat, discutez-en autour de vous.

 

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