MyScienceWork coordinateur de l’Open Access Week ?

Quelques précisions sur l'organisation

On nous a posé cette question à plusieurs reprises : pourquoi une entreprise coordonne en France l’Open Access Week alors que c’est un rendez-vous international normalement organisé par des financeurs de la recherche, des chercheurs, des administrateurs de la recherche, des éditeurs, des étudiants et des bibliothécaires/documentalistes ?

On nous a posé cette question à plusieurs reprises : pourquoi une entreprise coordonne en France l’Open Access Week alors que c’est un rendez-vous international normalement organisé par des financeurs de la recherche, des chercheurs, des administrateurs de la recherche, des éditeurs, des étudiants et des bibliothécaires/documentalistes ?

Un constat sur l’absence d’action et de prise de position en France

2011 –MyScienceWork est une startup créée en 2010 avec l’enthousiasme de joindre à la valorisation du mouvement Open Access un site qui soit à la fois une plateforme d’accès aux publications et un réseau social. En octobre 2011, ses membres cherchaient avec entrain les événements organisés dans le cadre de la semaine internationale de l’Open Access. Rapidement dépités par l’absence d’actions en France, nous nous inscrivons donc au seul événement organisé en 2011 : une petite conférence sur le droit d’auteur hébergé par l’UPMC et organisé par Frédérique Flamerie De Lachapelle, merci à elle.

Le constat était cuisant : l’Open Access Week est quasiment inexistant en France et la question de l’ouverture de l’accès gratuit aux publications reste dans notre pays un discours de bibliothécaires et de quelques spécialistes de la question.

Une semaine de l’Open Access 2012 réussie

2012 – Une étude publiée par Hans Dillaert en 2012 montrait la grande méconnaissance des chercheurs vis-à-vis du fonctionnement de la publication scientifique et des concepts de l’Open Access. La décision est alors prise d’agir. La France ne peut rester en retrait du mouvement. L’Open Access doit être un vocabulaire connu des chercheurs et administrateurs de la recherche.

Nous avions donc organisé deux conférences hébergées par l’UPMC et l’UNESCO. Presque 200 personnes ont assisté à ces événements organisés par nos soins et avec les moyens du bord. Un succès pour lequel nous avions été largement remerciés et que nous avions valorisé par une longue série d’interviews des acteurs de l’Open Access.

Nous avions eu à cœur de clore les conférences avec des buffets « Vins et charcuterie » afin de permettre aux débats de continuer de façon informelle entre les membres du public et les speakers. Cela a clairement été une belle réussite. Les échanges et rencontres avaient été nombreux et les retours que nous avions eu confirmaient que les personnes présentes étaient ravies (voir vidéo de clôture et résultat du sondage de satisfaction ci-dessous). Par ailleurs, nous avions été abordés par plusieurs acteurs institutionnels, notamment Couperin, le réseau de négociation et d'expertise des ressources documentaires électroniques en France. Qu’à cela ne tienne. Très bonne idée. Unissons-nous pour porter ensemble le débat de l’Open Access aux oreilles des chercheurs, étudiants et au grand public à plus grande échelle.

2013 – Afin d’amplifier notre démarche et toucher un plus large public par une action moins isolée, nous contactons plusieurs acteurs impliqués dans l’Open Access en France. Nous obtenons plusieurs réponses de personnes dynamiques et prêtes à agir et dépenser leur énergie et leur précieux temps à une organisation concertée de l’Open Access Week. Nous rêvions alors d’une multiplication des actions dans d’autres villes de France. Lorsque nous avions exprimé ce souhait, la demande nous a été faite de rédiger un texte pour positionner MyScienceWork comme coordinateur des événements français afin de créer une bonne communication entre les organisateurs.

Malheureusement, l’appel resta sans réponse. L’OAW sera à nouveau uniquement parisienne cette année bien qu’un livestream de ces événements a toutefois été mis en place.

Nous en profitons par ailleurs pour remercier l’ensemble des partenaires de l’Open Access Week 2013 à Paris. Ils se sont montrés ouverts et ont donné de leur temps pour la réussite de l’événement.

L’heure des leçons à retenir

Novembre 2013 – Des acteurs institutionnels rencontrés aux Etats-Unis ont tous exprimé les difficultés rencontrées lorsqu’ils essayaient de faire venir des gens à leurs conférences Open Access Week. Ils ne communiquent qu’à un cercle restreint de personnes appartenant à des catégories bien définies, chercheurs, étudiants, bibliothécaires et l’Open Access ne motive pas les troupes. En France, la situation est bien pire. L’OA est simplement presque méconnu du public et encore peu présent dans les laboratoires. Seuls les bibliothécaires, aux prises chaque année avec des coupes budgétaires et des prix d’abonnements croissants, sont bien conscients des difficultés budgétaires liées aux politiques commerciales des éditeurs ainsi que du potentiel de l’Open Access. Mais leurs actions, nombreuses et souvent de qualité, ne sortent pas du cercle restreint de spécialistes et professionnels de la question.

Du 21 au 25 octobre 2013, malgré une période de vacances, 166 personnes étaient présentes lors des événements co-organisés en différents lieux de Paris sans compter ceux présents sur Twitter ou visionnant le livestream.

Notre succès en tant qu’acteur de l’OAW vient donc de la communauté que nous sommes capables de toucher et de mobiliser. Nous sommes aussi actifs sur des délais parfois très courts et prêts à nous engager pour que l’Open Access soit plus connu en France. Certains nous ont reproché d’avoir été les coordinateurs des événements organisés en 2013. Nous avons spontanément agi pour que des événements soient organisés et il nous a été demandé de nous afficher comme coordinateur… Alors oui, nous sommes coupables d’avoir voulu faire bouger les choses.

2014 – S’unir pour promouvoir plus largement l’Open Access ? Agir à sa petite échelle et sans mélange des genres : entreprise / institution ? Laisser les quelques personnes qui se sont permis un niveau de critique inimaginable faire s’effondrer ces actions pour que la France retombe dans le désert de la communication autour d’un point si crucial qui est celui de l’accès gratuit aux connaissances ?

 Ce qui est certain est que l’Open Access repose sur une ouverture de la Science à tous et un rapprochement entre la recherche et la société. Qu’une startup décide d’organiser l’Open Access Week sans attendre de prise de position ministérielle ou d’actions universitaires ne devrait poser de problème à personne. Le débat n’est pas là ! Il est clairement dans les orientations que prennent l’Open Access et la diffusion de ces concepts auprès des membres de laboratoires et universités. Ceci est un travail de longue haleine bien-entendu. Unissons-nous pour diversifier les approches et les actions de sensibilisation.

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Questionnaire de satisfaction de l’Open Access Week: 20 réponses

Commentaires sur l'organisation (salle localisation, indication etc): 42% très satisfaits, 47% satisfaits. 11% autre (commentaires dévelloppés)

Critiques : Retard trop prononcé le 23 octobre.

Commentaires sur la qualité des interventions : 32% très satisfaits 53% satisfaits 16% autres (commentaires développés)

Critiques : Présentations en anglais accessibles appréciées.

Pot : 21% très satisfaits, 42% satisfaits, 37% n'étaient pas présent

Remarques : En accord avec les valeurs de l'OA. Attention appréciée.

Livetweet :

Critiques : Utile pour les gens extérieurs mais trop peu d’intérêt pour les personnes présentes. Pas assez d'interactivité entre twitter et la salle. Une personne a eu l'impression de ne pas avoir accès à l'intégralité du débat car elle n'était pas connectée. Réactivité et liens vers les ppt des intervenants appréciés.

Organisation d'autres events, nouvelles thématiques, participation à l'organisation ? :

Sujet de l'OA jugé intéressant pour un industriel qui n'a plus de contact avec la recherche fondamentale. Proposition de thème sur les femmes et la science, les réseaux sociaux pour les scientifiques, question du point de vue des bibliothèques (valorisation du libre accès en biblio, comment le faire coexister avec les offres actuelles onéreuses?), débats entre chercheurs. Grande volonté de continuer le débat de l'OA sur des sujets plus précis (question des autres pays, question du financement et modèles économiques, question de la mise en place logistique de l'OA (maintenance des serveurs etc.) Expérience à renouveler. Encouragement.

Autres commentaires :

Encouragements. Remerciements. Une personne a trouvé que les interventions du 25 n'étaient pas assez pointues.

Personnes très satisfaites. Une personne dit que les conférences lui ont permis de se familiariser avec l'OA. Volonté d'en apprendre plus et de débattre de l'aspect économique.