Mardi de l’espace : comment se débarrasser des débris spatiaux ?

Le prochain #CNEStweetup s’intéresse aux questions techniques et éthiques autour de ces débris en orbite autour de la Terre

L’activité humaine engendre des déchets. Le problème n’est pas nouveau et l’espace n’échappe pas à la règle. Satellites morts, étages de fusée, débris fonctionnels ou résidus d’explosions encombrent l’orbite terrestre et menacent la sécurité future des satellites et des stations spatiales. Leur nombre se rapproche dangereusement d’un seuil critique et la nécessité de « nettoyer » l’espace est devenue une problématique internationale. Le prochain Mardi de l'espace propose de s’intéresser aux différents enjeux et défis d’une telle entreprise. Venez discuter avec deux experts, Christophe Bonnal, du CNES, Président du Comité Débris Spatiaux de l’IAA et Jacques Arnould, chargé de mission pour les questions éthiques au CNES. Rendez-vous mardi 18 novembre à partir de 19h30 au café du Pont Neuf à Paris ou sur Twitter via #CNESTweetup.

L’activité humaine engendre des déchets. Le problème n’est pas nouveau et l’espace n’échappe pas à la règle. Satellites morts, étages de fusée, débris fonctionnels ou résidus d’explosions encombrent l’orbite terrestre et menacent la sécurité future des satellites et des stations spatiales. Leur nombre se rapproche dangereusement d’un seuil critique et la nécessité de « nettoyer » l’espace est devenue une problématique internationale. Le prochain Mardi de l’espace propose de s’intéresser aux différents enjeux et défis d’une telle entreprise. Le CNES en partenariat avec MyScienceWork et le Bar des sciences vous invite à venir participer à une réflexion informelle en présence de deux experts, Christophe Bonnal, du CNES, Président du Comité Débris Spatiaux de l’IAA et Jacques Arnould, chargé de mission pour les questions éthiques au CNES. L’événement aura lieu mardi 18 novembre à partir de 19h30 au café du Pont Neuf à Paris ou sur Twitter via #CNESTweetup.

 

Débris spatiaux en orbite (Crédit : Cnes)

700 000 objets de plus d’un centimètre orbitent autour de notre planète. Le chiffre est déjà impressionnant mais il pourrait considérablement augmenter. « Nous craignons d’être sur le point d’atteindre, si ce n’est déjà fait, un seuil critique », explique Christophe Bonnal, « le risque pourrait augmenter de manière exponentielle si jamais un cycle de collisions en chaîne se met en place, ce que nous appelons le syndrome de Kessler.» Dans ce cas, même en cessant toute activité spatiale, l’avenir des systèmes spatiaux qui orbitent autour de notre planète serait sérieusement menacée.

Si la situation n’est pas catastrophique, pas encore, elle est préoccupante. Jusqu’ici, les experts déplorent une cinquantaine de collisions probables entre débris et satellites. D’après une étude récente du CNES, « la probabilité de mort par collision d’un satellite sur sa durée de vie s’élève à 5% à certaines altitudes particulièrement encombrées (entre 700 et 1100 km) », confie Christophe Bonnal. Et même sur les orbites où il y a très peu de débris, entre 350 et 450 km par exemple, les risques existent : la station spatiale internationale a déjà effectué 4 manœuvres cette année pour éviter un impact.

Les systèmes de détection actuels sont capables de repérer des objets de plus de 10 cm mais la plupart de ces objets sont plus petits. Malgré leur taille, ils représentent un réel danger. À une vitesse de 54 000 km/h, un objet de 1 cm de diamètre inflige les mêmes dégâts qu’une voiture lancée à 130 km/h.

Si le syndrome de Kessler se réalisait, l’orbite terrestre deviendrait un véritable champ de mines. « Toutes les agences spatiales se mobilisent depuis déjà plusieurs années sur des concepts de nettoyage orbital. Plusieurs projets sont en cours de réalisation », explique Christophe Bonnal. « La NASA travaille par exemple sur un satellite équipé d’un laser pulsé, capable de repérer les petits débris et de les ralentir pour les dévier de leur trajectoire. » D’autres méthodes sont également à l’étude : des satellites nettoyeurs capables de s’amarrer à un satellite et à le forcer à redescendre sur Terre, un câble électrodynamique géant ou encore un filet géant. Ces techniques représentent toutes un certain défi, mais ce n’est pas le point le plus épineux.

Pour Jacques Arnould, spécialiste des questions éthiques au CNES, le plus gros défi réside davantage du côté des relations internationales et du financement. Qui est responsable de tel ou tel débris ? Pour un satellite en fin de vie, la réponse est évidente mais pour les débris plus petits ? « L’enjeu est quasi-éthique. Les débris sont une incitation à considérer l’espace autrement. Une manière de prendre conscience de l’importance de cette zone. » insiste Jacques Arnould. « Quand le CNES a commencé à s’intéresser de près aux questions éthiques, c’est d’ailleurs le premier thème qui est venu sur la table. » 

La prise de conscience a fait beaucoup de chemin dans ce domaine. Le film Gravity en est à la fois une preuve et une contribution. Nos orbites ont besoin d’être nettoyées mais aussi davantage règlementées. Des solutions en amont sont également possibles pour éviter de produire plus de débris. Lesquels ? Seront-elles appliquées ? Peut-on mettre en place une réglementation internationale ? Pour les réponses à ces questions et à celles que vous vous posez, rendez-vous le 18 novembre à 19h30 au café du Pont Neuf ou sur Twitter via #CNESTweetup

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