Les émissions de gaz à effet de serre de l'UE ont chuté en 2011 : peut-on parler de progrès ?

L'inventaire annuel doit être recontextualisé

D’après l’Agence Européenne pour l’Environnement, les émissions de gaz à effet de serre enregistrées en 2011 dans l’Union Européenne ont atteint leurs plus bas niveaux depuis 1990. Ces nouvelles sont certes encourageantes, mais au-delà des résultats, il est nécessaire d’examiner la réalité complexe de certains facteurs et de l’économie mondiale pour déterminer si ce progrès peut véritablement avoir des suites. 

D’après l’Agence Européenne pour l’Environnement, les émissions de gaz à effet de serre enregistrées en 2011 dans l’Union Européenne ont atteint leurs plus bas niveaux depuis 1990. Ces nouvelles sont certes encourageantes, mais au-delà des résultats, il est nécessaire d’examiner la réalité complexe de certains facteurs et l’économie mondiale pour déterminer si ce progrès peut véritablement avoir des suites. 

Cet article est une traduction de « UE greenhouse gaz emissions fell in 2011: Progress, but... ». Il a été traduit de l’anglais vers le français par Timothée Froelich.

 

(Crédit photo : Flickr / Freefotouk)

 

Conformément à la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, l’Union Européenne a pour responsabilité de faire le point chaque année sur les émissions de gaz à effet de serre enregistrées deux années auparavant sur son territoire. Le rapport officiel de l’année 2011, qui vient d’être publié, annonce un record depuis 1990 : apparemment, les émissions de l’UE ont diminué de 18,4% depuis cette année-là. Une baisse de 3,3% par rapport à 2010 certes indéniable, mais qui revient davantage au fait que l’hiver 2011 a été particulièrement doux et que les gens chauffaient moins leur maison qu’à un réel changement sur lequel on pourrait compter d’année en année. En de nombreux points, les résultats ont indiqué un progrès tout aussi modéré qui nous rappelle que même si le vent semble souffler dans la bonne direction, il faut analyser ce changement par rapport à l’ensemble de son contexte.

 

Le rapport indique par exemple que l’utilisation des combustibles fossiles a chuté de 5% sur toute l’année 2011 (―4% pour le carburant liquide, ―11% pour le gaz naturel). Cependant, l’utilisation de carburants à forte teneur carbonique, comme le charbon et le lignite, a augmenté de presque 2%. Ici encore, ce n’est pas en compensant par rapport à d’autres énergies que des diminutions d’émissions ont été réalisées. La combustion de biomasse a connu une hausse d’un peu moins d’1% et la production d’électricité d’origine nucléaire a même diminué à la suite de la fermeture de centrales en Allemagne.

 

Simultanément, en dépit de progrès réalisés en certains points, le rapport enregistre un déclin des sources d’énergie renouvelable, qui touche principalement le secteur de l’hydroélectrique (la seconde plus grande diminution depuis 1990). Nul doute que cette tendance devra être inversée afin de continuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre, et pour ce faire, chaque pays membre va devoir y contribuer activement.

 

Les états qui peuvent aujourd’hui se vanter d’être en tête du classement des réductions d’émission sont le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, qui font en même temps partie des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre). Mais même un tel succès doit être recontextualisé. Un rapport du Comité sur les changements climatiques affirme que durant les 20 dernières années, l’empreinte carbonique du Royaume-Uni a en fait augmenté de 10%. La faute à qui ? Les marchandises importées. « La hausse des émissions importées a plus que compensé les réductions d’émissions de production », souligne le document. « Le Royaume-Uni est désormais l’un des plus gros importateurs nets d’émissions au monde, avec une empreinte carbonique environ 80% plus grande que ses émissions de production. » Il est donc impératif de donner une suite à de telles surveillances, coopérations et innovations à l’échelle de l’UE et à l’échelle du monde entier. Pendant ce temps, les premières estimations pour l’année 2012 montrent que l’Europe continue son chemin vers la réduction de ses émissions… 

 

Emission de gaz à effet de serre des états membres de l’UE

 

Pour en savoir plus :

 

Les émissions de gaz à effet de serre dans l'Union européenne, Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie

http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lessentiel/ar/199/1080/emissions-gaz-effet-serre-lunion-europeenne.html

 

Les émissions de gaz à effet de serre au plus bas depuis 1990, Les Echos

http://bourse.lesechos.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/ue-les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-au-plus-bas-depuis-1990-883760.php

 

Sources :

 

Émissions de gaz à effet de serre en 2011: plus de pays en voie d'atteindre les objectifs de Kyoto, les émissions baissent de 2,5 %, Agence européenne pour l’environnement

http://www.eea.europa.eu/fr/pressroom/newsreleases/emissions-de-gaz-a-effet

 

Reducing the UK’s carbon footprint and managing competitiveness risks, Committee on Climate Change, April 2013

http://www.theccc.org.uk/wp-content/uploads/2013/04/CF-C_Summary-Rep_Bookpdf.pdf