Les communautés ouvertes ont donné vie au bouton open access

Un hackday du British Medical Journal voit la naissance d’un prototype de suivi des tentatives d’accès aux publications

Ne pas pouvoir accéder à un article dont on a besoin est l’une des plus frustrantes expériences du quotidien d’un scientifique. Nombreux sont ceux qui cherchent une parade. David Carroll et Joe McArthur, deux étudiants engagés dans la promotion de la santé, ont décidé de braver cette impasse et d’en faire quelque chose d’utile. Grâce au soutien des communautés open source et open access, ils viennent de concevoir le prototype du bouton Open Access, un outil visant à recenser les restrictions d’accès aux publications et à mettre à la disposition des utilisateurs les versions des publications dont ils ont besoin.

Ne pas pouvoir accéder à un article dont on a besoin est l’une des plus frustrantes expériences du quotidien d’un scientifique. Nombreux sont ceux qui cherchent une parade. David Carroll et Joe McArthur, deux étudiants engagés dans la promotion de la santé, ont décidé de braver cette impasse et d’en faire quelque chose d’utile. Grâce au soutien des communautés open source et open access, ils viennent de concevoir le prototype du bouton Open Access, un outil visant à recenser les restrictions d’accès aux publications et à mettre à la disposition des utilisateurs les versions des publications dont ils ont besoin.

 

Cet article est une traduction de « Open communities bring the Open Access Button to life » effectuée par Timothée Froelich.

 

David Carroll a suspendu pendant un an ses études médicales à la Queen’s University de Belfast afin d’acquérir une expérience de chercheur en laboratoire. Pour mener à bien son étude sur la mucoviscidose, il n’a pu accéder qu’aux publications auxquelles son université avait accès ou aux articles publiés en open access. Les autres articles, à 35$ l’unité, ont rapidement été écartés. « C’est probablement ce genre de lacunes qui m’a empêché d’aller plus loin dans mes recherches », explique-t-il. « Je n’ai pas eu l’occasion de tout lire, ce qui m’aurait permis d’avancer plusieurs hypothèses supplémentaires. Je n’ai pu utiliser que ce que j’avais sous la main. »

 

David Carroll est loin d’être le seul à avoir fait cette expérience et pourtant, chaque échec demeure un cas isolé. Elle laisse à chaque fois les chercheurs, journalistes ou citoyens qui se voient refuser l’accès à une publication, fulminer seuls devant leur ordinateur. Avec son ami Joe McArthur, étudiant en pharmacologie, David a décidé d’inverser la situation, grâce à un outil qui pourra suivre les tentatives d’accès aux publications et faire l’inventaire de toutes les fois, tous les sites et tous les cas où quelqu’un se verra refuser l’accès à un article. Le « bouton Open Access », comme on l’appelle en ce moment, se mettra également en quête d’une version de la publication disponible à la lecture ou au téléchargement, au sein d’un dépôt universitaire peut-être, ou bien dans un serveur de pré-publications. «  Les personnes qui défendent l’Open Access obtiendront ce qu’ils recherchent, des données, et les gens pourront accéder aux publications qu’ils désirent consulter », explique David Carroll.

 

Un coup de pouce de la part des communautés Open Science et Open Access

 

Au vu de leurs connaissances limitées en programmation, les deux étudiants se sont tournés vers la communauté Open Source pour faire de leur projet une réalité. L’occasion de participer au hackday organisé par le British Medical Journal, le 6 et 7 juillet à Londres, a comblé leurs espoirs les plus fous. « Nous avons rencontré des personnes fantastiques, beaucoup plus intelligentes que nous le sommes, et qui ont conçu ce prototype en moins de 30 heures », raconte David Carroll. Le jury de l’événement leur a décerné le 3ème prix du BMJ hackday pour la programmation de la première carte réalisée par le bouton Open Access, parue dans l’édition de BMJ de la semaine du 13 juillet.

 

Un moment en particulier restera gravé dans la mémoire de David. Depuis un certain temps, l’équipe suivait le travail d’un expert qui avait déjà mené des projets similaires, un spécialiste qu’ils pourraient appeler en cas de besoin. Pendant le hackday, les deux étudiants ont été témoins d’un événement singulier. « Sorti de nulle part, un inconnu s’est présenté sur le service d’hébergement GitHub, consacré aux projets de développement de logiciels, et nous a complété une fonction essentielle du bouton Open Access sur laquelle on était bloqué. » Il s’est avéré que l’inconnu n’était autre que ce même expert auquel ils avaient pensé faire appel. Parfois, dans le monde de l’open source, quand on a besoin d’un coup de main, il n’y a même pas besoin de demander.

 

L’image de la semaine :

Un bouton open access qui compte le nombre de fois où des lecteurs se retrouvent bloqués sur une page de paiement d’une maison d’édition a reçu le 3ème prix de la Journée inaugurale du hacking, organisée à Londres par BMJ le weekend dernier. Les lecteurs envoient les détails sur un formulaire en ligne et leurs données sont employées à dresser une « carte de la frustration », destinée à persuader les éditeurs de rallier la cause de l’open access. Sources : BMJ, n° 347, 13 juillet 2013.

 

Pendant tout le weekend, la communauté Open Access en ligne s’est également « très profondément impliquée », expliquait Joe McArthur à Matthew Billingsley lors d’une interview pour BMJ. « Ils nous ont suggéré des idées auxquelles on n’avait même pas pensé ! L’intensité de la réponse nous a vraiment laissés sans voix. Certains continuent à nous envoyer des suggestions et d’autres, qui n’avaient même pas participé à l’événement, sont encore en train de faire du codage pour nous. Des followers sur Twitter nous ont demandé s’ils pouvaient se rendre utiles au développement du bouton Open Access. Un genre de liste de bêta-testeurs », jubile David Carroll.

 

« Ensemble, on peut commencer à faire du bruit »

 

Lors d’une récente discussion sur Twitter, @tmccormick, enthousiaste, s’est dit prêt à participer à cet effort, expliquant les bienfaits qu’aurait le projet pour la défense de l’Open Access. Il a cependant émis quelques doutes au sujet de la qualité des données produites et a suggéré la mise en place d’une approche plus large. David Carroll reconnaît qu’au début la population d’utilisateurs serait biaisée car les personnes se seraient auto-sélectionnées. « Toutefois, nous ne comptons pas en rester là », explique-t-il. Un de leurs objectifs d’extension du bouton est de passer par les bibliothécaires. « Nous avons remarqué leur engouement pour ce projet et nous espérons que cela les persuadera d’aller voir les universités et leur dire : Le bouton marche et l’adopter aiderait non seulement vos étudiants, mais nous aussi et vous également. »

 

L’équipe est en train de sécuriser le financement de lancement du projet et envisage le recours au crowdfunding comme une solution à long terme. Donner plus d’ampleur et de perspective au projet est capital pour prendre conscience de toute l’étendue et la complexité du problème de l’accès aux publications en ligne. « Si je suis dans ma chambre et que je tombe sur une page de paiement, tout le monde s’en fiche. Mais si on travaille main dans la main, on peut commencer à faire du bruit. »

 

Pour en savoir plus :

 

Le blog du bouton open access : http://oabutton.wordpress.com/

La page GitHub du bouton open access : https://github.com/jezcope/doi2oa

« Can they hack it? Yes they can », par David Payne, éditeur, BJM.com : http://www.bmj.com/content/347/bmj.f4437

"Précurseurs et promoteurs du bouton Open Access", proposé par Stevan Harnad

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What is the DSpace Request Copy Add-on?

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Open Access Mandates and the "Fair Dealing" Button

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Open Access Mandates and the "Fair Dealing" Button

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